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Kaya Créations : mélange et caractère dans les matières

Publié le 16 novembre 2022

Alors que les nuages de la vallée se dissipent pour accueillir les rayons affectueux du soleil, Richard ouvre à Hommes de Polynésie les portes de son atelier. Il nous laisse ainsi nous immiscer, à travers l’ouverture de sa porte, dans son univers de douceur où se mêlent courbes et matières, insufflé par les femmes de son temps. C’est sous une accalmie d’une averse à peine essuyée par le revers du vent, que le nom de Kaya jadis murmuré à son oreille résonne à présent dans son cœur et son inspiration, bijoux de tradition, bijoux de modernité.

GENÈSE ET ART

Tandis que nos dialogues sont ponctués par des mélodies préhistoriques élégamment chantées par les coqs avoisinants, nous nous installons dans un siège écrasé par sa petitesse pour écouter le récit de Richard, nonchalamment appuyé sur son rocking-chair.

Enfant kanak métis, Richard se meut dans les entrailles de nos îles en accord avec les notes indistinctes de l’écho « inspiration », murmure inaudible, mais distinctement perçu par les sens créatifs. 

« Je voulais partir en France pour faire de l’infographie, car je dessine à la base. Mais je n’avais jamais eu cette vision d’être un artiste dans ma vie. »

Ses études virevoltent entre les terres du Pacifique puis ses recherches le font s’initier progressivement à la sculpture.

« J’étais entré au Centre des Métiers d’Art pour peaufiner mes techniques de peinture puis j’y ai découvert la sculpture et la gravure. »

 « Ils te poussent à découvrir au-delà de ce que tu espères et c’est ça qui est super. »

L’année écoulée et sortant major de promo, Richard est spécialisé en gravure, mais cherche toutefois son chemin.

 « On ne savait pas trop quoi faire, on avait l’idée de monter cette entreprise, mais avant de débuter, on s’est lancé dans un tour du monde. » 

DE VOYAGE ET D’INSPIRATIONS

« En fait, c’est de là que ça a commencé, il m’a fait des boucles et j’ai vu son potentiel. »

Au moment de ce récit, à l’accoutumée en aparté, se joint à sa voix celle de sa compagne Aurélie pour rythmer ses propos. Et dans un pas vers le passé, nous retraçons l’origine de Kaya Créations.

2018 est un voyage de 7 mois pour réfléchir à cette idée d’entreprise encore en bourgeon. Aurélie continue l’idée. 

« Je voyais déjà l’entreprise de bijoux et je lui disais que c’était réalisable. On a fait le tour du monde pour s’inspirer, savoir où on allait poser nos bagages et finalement nous sommes revenus. »

Puis Richard reprend.

« Nous n’avons pas fait tous les pays, mais nous sommes restés 3 mois à Bali, on a fait l’Europe, le Royaume-Uni, la Malaisie, Singapour… Un arrêt en Nouvelle-Calédonie puis nous sommes rentrés. »

© Richard Barri

« Nous avons fait beaucoup de rencontres et ce voyage nous a confortés dans cette idée d’auto-entrepreneuriat. »

C’est ainsi les idées nourries par des images, des formes, des sons et des sensations qu’ils reviennent, les carnets déjà balafrés de croquis.

KAYA CRÉATIONS ET SES COURBES

« J’ai beaucoup été élevé par des femmes. »

Coquettement guidé par l’essence féminine au cours de sa vie, Richard apprend l’art délicat d’allier couleurs, motifs et textures. Une présence raffinée qui se remarque au regard de ses créations.

« J’ai essayé de trouver des motifs et des formes qui me sont propres, inspirées de ces voyages. »

Et sous la finesse de ses bijoux, s’anime ce caractère imposant dans ses pièces, mais aussi dans le porté.

© Aurélie Huguet-Balancy, Richard Barri

 Où se marient les fines chaînes modernes, aux formes universelles du triangle, parfois rythmé par les languettes de blanc vêtu, faisant écho à notre patrimoine.

« La nacre est déjà très belle à la base, la mélanger avec d’autres matières est un moyen de la sublimer. Il faut juste bien le faire, car elle ne s’allie pas avec tout. »

En un regard, Richard se laisse emporter par les images du quotidien qu’il transpose en gravure lorsque c’est possible. Quant à Aurélie, elle complète les créations avec l’atelier de montage ainsi que l’aspect communication et relation clientèle.

« Le plus intéressant c’est le cheminement vers la pièce finale. La réflexion et la recherche. »

Cette « identité à deux têtes » comme l’a défini un de leurs proches, s’aventure toujours plus profondément dans l’authenticité avec une hardiesse sans faille, vers des aspirations aussi ambitieuses que réalisables et c’est sans une once de tintouin que nous les encourageons.

« Un de mes objectifs serait de pouvoir accessoiriser la Fashion Week de Paris. En attendant, l’entreprise fait travailler notre soi, car chaque jour est une nouvelle performance. »

Manutea Rambaud

Rédactrice

©Photos : Manutea Rambaud, Richard Barri, Aurélie Huguet-Balancy pour Hommes de Polynésie

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