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Art & Culture

Ben Thouard : « la vague de Teahupoo est ma muse »

Publié le 12 juillet 2022

Installé au bout de la route de Teahupoo depuis 2008, Ben Thouard est photographe. Originaire de Toulon, il a su très jeune ce qu’il voudrait faire de sa vie. L’océan en général, et la vague de Teahupoo en particulier, sont tout pour lui.

La vague de Teahupoo anime tout le village du bout de la route. Elle dirigerait presque l’humeur des résidents. Tout le monde surf, connait un surfeur ou bien travaille au rythme du swell1 qui attire les amateurs, locaux ou étrangers, à intervalles réguliers.

« C’est la star. Esthétiquement parlant, elle est d’une beauté sans comparaison, avec sa lumière si particulière, son eau si lisse, sa façon de dérouler, ses turbulences. Elle est exceptionnelle et me fascine. Elle est ma muse, mon jardin. C’est une source d’inspiration. Je lui dédie tout mon temps de travail ou presque. »

Pour autant, Ben, qui peut être parfois hypnotisé, n’en oublie pas le danger. Il avance avec beaucoup d’humilité, car elle est l’une des plus puissantes du monde. La force de la nature s’y concentre. Lorsqu’il s’immerge, il est en toujours en proie à de très nombreuses émotions.  

S’il ne fait pas de photographies au quotidien, il est chaque jour ou presque dans l’eau. Il surfe, observe, pêche. L’océan pour lui est aussi un lieu de méditation où il oublie tout.

« Aujourd’hui, j’ai besoin d’être dans l’eau, j’y suis bien et c’est ce qui me permet d’être créatif. »

Il réalise des clichés pour des magazines du monde entier. Il est l’auteur de trois ouvrages, « Beauté des Mers » paru aux éditions National Geographic, en 2018 puis « Surface », paru également en 2018 et enfin « Turbulences » en 2021. Il a aussi organisé des expositions, en Polynésie et en France.

« Tout cela relève de l’aspect technique du métier de photographe, car nous avons besoin de gagner notre vie. »

LA GLISSE, UNE RÉVÉLATION

Sa passion pour l’océan a démarré très tôt. Originaire de Toulon en France, il a suivi ses frères dans l’eau. Il se rappelle parfaitement sa toute première session de bodyboard.

« La Méditerranée n’est pas réputée pour ses vagues, mais en hiver avec un peu de patience on peut en trouver. Je ne suis pas d’une famille de surfeurs, mes deux de mes frères surfaient. J’ai demandé une planche de body à mon père et, à 7-8 ans, j’ai fait une première sortie. Le fait de jouer avec les vagues avec la planche a été une révélation. »

Quelques années plus tard, vers l’âge de 9 ou 10 ans, Ben a réussi à se mettre debout et à suivre une vague entièrement. Cela a été une seconde révélation. L’activité est devenue une véritable drogue.

À l’adolescence, il a découvert un appareil photo chez lui ayant appartenu à son père. Il a acheté quelques films, car à l’époque il fallait des pellicules, et s’est mis à immortaliser ses amis sur l’eau ainsi que les paysages de la côte. La mer restait toujours dans son champ. Il a compris rapidement qu’il voulait faire de ce loisir, un métier.

 

Il s’est inscrit à l’Icart-Photo de Paris où il a passé un an et demi très instructif. Mais vivant trop loin de la mer, il n’a pu résister et terminer son cursus. Il faisait déjà régulièrement des photographies de planche à voile.

« On m’a dit, si tu veux faire des photos de windsurf, tu dois aller sur l’île de Maui à Hawaii et plus précisément à Hookipa. ».

Avec l’argent qui devait prendre en charge ses derniers mois d’apprentissage à l’Icart, il a acheté un billet d’avion, emporté son appareil, un 50 mm2, fabriqué un caisson étanche par faute de moyen, puis, en 2006, il s’est envolé pour trois mois.

À Hawaii, il a pu travailler comme il le voulait, il a rencontré du monde, commencé à vendre des clichés.

« C’est là que tout a vraiment démarré. Je me suis lancé, j’ai pu voyager par la suite pour couvrir des compétitions de glisse partout dans le monde. »

En janvier 2007, un ami, le windsurfeur Baptiste Gossein lui a proposé de se rendre à Tahiti. Ben n’y était jamais allé, mais en rêvait depuis longtemps.

« Pour voir la vague de Teahupoo, mais aussi parce qu’une partie de ma famille y avait vécu, j’avais vu Tahiti sur les photos de mes cousins. J’ai sauté sur l’occasion et ça a été un gros coup de cœur. »

Lorsqu’il est arrivé, le site, les sensations en surf, la vie, les gens, tout était au-delà de ses attentes. C’était il y a 15 ans, et depuis, pour lui tout reste exceptionnel.

1 Houle

2 Objectif d’appareil photo

Delphine Barrais

Rédactrice

©Photos : Ben Thouard pour Hommes de Polynésie

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