Hommes de Polynésie Retrouvez nous sur
Site de Femmes de Polynésie Hommes de Polynésie

Je passe
d'un site à l'autre

  • Teanihau Warren, l’étoile montante du Muay-Thai polynésien en Thaïlande

Sport

Manoa Desvignes, un pilote aux commandes du padel polynésien

Publié le 4 août 2026

À 28 ans, Manoa Desvignes est l’un des plus jeunes commandants de bord d’Air Tahiti. Quand il n’est pas dans les airs, le Tahitien est sur un court de padel. Champion de Polynésie de la discipline, ce compétiteur dans l’âme enchaîne les victoires. Hommes de Polynésie l’a rencontré raquette en main. 

Imparable ! Un coup droit de Manoa Desvignes stratégiquement placé, la balle s’écrase dans l’angle du court et laisse l’adversaire sur la touche. Jeu, set et match, Manoa Desvignes ! Cette phrase, Manoa l’a souvent entendue dans sa vie.

La love story entre Manoa et les jeux de raquettes dure depuis près d’un quart de siècle. Cette passion pour la petite balle jaune a débuté par une histoire de famille.

Ami avec Fabrice Santoro

« Ma grand-mère et ma maman sont fans de tennis. Ma famille était amie avec celle du tennisman Fabrice Santoro, qui est originaire de Tahiti. J’ai même tapé des balles avec lui. Quand j’étais jeune, on est allé le voir jouer plusieurs fois à Bercy ou à Roland Garros. J’ai même des balles dédicacées de Nadal, Federer… »

Forcément, tout cela fait rêver le jeune garçon. Dès l’âge de 5 ans, Manoa, qui habite tout à côté du club de Fei Pi à Arue, commence à jouer au tennis. Plutôt doué avec la raquette, il remporte de nombreux tournois et devient champion de Polynésie dans différentes catégories. Il participe également à deux reprises aux Jeux du Pacifique Junior, remportant même la médaille d’or.

Très sportif, Manoa pratique également le basket pendant plusieurs années. Tout en tapant des balles sur les courts ou en marquant des paniers, il est bon élève. Après un bac scientifique obtenu au lycée La Mennais, il intègre une prépa maths sup à Toulouse dans l’idée de devenir pilote, un domaine qu’il connaît bien.

« J’ai grandi dans l’aviation. Mon père est pilote et ma mère hôtesse de l’air. »

Manoa part ensuite se former en Angleterre et aux États-Unis au métier de pilote. En 2022, il intègre Air Tahiti. Moins de cinq ans plus tard, il est l’un des plus jeunes commandants de bord de la compagnie.

La révélation du padel

De retour au fenua, Manoa se remet à taper la balle, mais avec une raquette et un court différents.

« Mes parents s’étaient mis au padel, j’ai essayé et cela m’a bien plu. Comme j’avais un bon niveau de tennis, cela m’a aidé. J’ai revu des gars que j’avais connus petits qui s’étaient mis au padel depuis quelque temps, ils jouaient mieux que moi, alors cela m’a donné un challenge. Je suis un compétiteur ! »

Manoa se met alors à jouer tous les jours, regarde des vidéos pour s’améliorer et augmente son niveau au fil du temps.

« J’ai aimé les déplacements, les rebonds avec les vitres, la vitesse de jeu. C’est à la fois ludique et sportif. J’ai beaucoup appris au début avec Guillaume Baigts, qui a un peu joué en équipe de France, c’est lui qui m’a appris les coups padel. »

De gros progrès avec les Espagnols

Fidèle à son esprit de compétiteur, Manoa participe à ses premiers tournois de padel. Les résultats sont au rendez-vous, une demi-finale, une finale, puis les victoires s’enchaînent. Il devient le numéro 1 de Polynésie. Mais il veut encore progresser. Grâce à un partenariat de son club Phénix, il part avec plusieurs joueurs à Malaga en Espagne, le pays du padel.

« On s’est pris une claque. On s’est trouvé face à des joueurs qui jouent depuis leur enfance. Nous, on tape fort, eux jouaient tout en finesse, nous lobaient, on a vraiment appris une nouvelle façon de jouer là-bas. On a eu de la chance, car ensuite un Espagnol, un pro dans les 200e mondiaux, est venu à Tahiti. Même s’il me battait tout le temps, j’ai bien progressé, car j’observais son jeu. D’autres sont venus ensuite. »

Champion de Polynésie, et après ?

Parallèlement, le padel connaît un véritable boom en Polynésie. Les clubs de tennis construisent des courts, un circuit polynésien se met en place. Manoa, lui, est partout.

« Je crois qu’il n’y a pas eu un tournoi local où je n’ai pas fait la finale. Cette année en avril, Phénix a organisé un gros tournoi international, on a perdu en quart avec mon binôme Karl Yomes, en trois sets, face à une grosse paire espagnole, l’un classé 250e et l’autre un ex 160e mondial. Cela montre qu’on n’est pas ridicules face à la scène internationale ! »

Un prochain tournoi international est organisé à Nouméa en fin d’année. Manoa et son partenaire sont invités. Les championnats de France sont aussi dans leur viseur en 2027. 

Toujours prêt à relever de nouveaux challenges, Manoa Desvignes s’entraîne dès qu’il n’est pas dans les airs… pour aller toujours plus haut.

Pauline Stasi

Rédactrice

©Photos : Pauline Stasi et Manoa Desvignes pour Hommes de Polynésie

Directeur des publications : Yvon Bardes

À découvrir également :

Partagez Maintenant !

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir du contenu de qualité

* En cliquant sur VALIDER, nous attestons que l'adresse mail ne sera utilisée que pour diffuser notre newsletter et que vous pourrez à tout moment annuler votre abonnement.