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Sport

Hotuiterai Poroi, rêve d’un nouveau titre de champion du monde de va’a

Publié le 22 juin 2026

Aujourd’hui, Hommes de Polynésie vous embarque en bord de mer, à la rencontre de Hotuiterai Poroi. Vainqueur des championnats du monde de V1 longue distance au Brésil en 2025, puis de la Hawaiki Nui solo quelques semaines plus tard, le rameur tahitien a encore de nouveaux rêves…

En à peine quelques coups de rame énergiques, le V1 de Hotuiterai Poroi vogue déjà loin du bord. Un va’a, une rame et l’océan, il ne lui en faut pas plus pour être heureux. Âgé aujourd’hui de 29 ans, il est « plongé » dans le monde du va’a depuis son enfance.

« Mon père adore le va’a, il était président du club de Te U’i Va’a quand ils ont remporté la Hawaiki Nui en 1994. Quand j’étais très jeune, on a vécu quelques années à Fakarava. C’est là que mon père m’a fait ramer pour la première fois, je devais avoir quatre ou cinq ans. »

DANS LE SILLAGE DE SON GRAND FRÈRE POEANUI

De retour à Tahiti, le jeune garçon part habiter à Pirae avec sa famille.

« On n’était pas loin du complexe de l’OPT, mon grand frère Poeanui, qui a six ans de plus, avait intégré le club de va’a de Fare Rata et il a commencé à faire quelques compétitions, je voulais faire comme lui. »

Après l’école, Hotuiterai aime retrouver ses copains pour aller ramer. Au départ pour s’amuser, mais au fil du temps, ce qui n’était qu’un passe-temps devient une passion.

« J’ai toujours aimé le sport. J’ai pratiqué le foot, le basket, la boxe… mais j’ai vite préféré la rame, j’aime cette sensation de glisse sur l’eau. »

Parmi ses amis, Hotuiterai compte Rooma Apuarii, dont le père est le président de Mou’a tamaiti no Papara. Il intègre le club et commence à s’entraîner régulièrement. Les mois passant, les séances se durcissent, les kilomètres de rame se multiplient.

L’ÉQUIPE AIR TAHITI

À 12 ans, Hotuiterai dispute sa première course, il termine deuxième. L’adolescent prend goût à la compétition avec déjà l’envie de se surpasser. Il enchaîne les courses en cadet, en junior, emportant avec son club la Hawaiki Nui Taure’a en 2014, 2015 et 2016. Avec, à chaque fois, son père comme premier supporter. L’année 2017 marque une étape majeure pour le jeune rameur.

« J’ai été sponsorisé par le club Raira Va’a fondé par Noé Doom en V1, mais la saison collective n’a pas fonctionné, car l’équipe n’a pas réussi à participer à la Hawaiki Nui. »

Notre rameur rebondit et rejoint la team Air Tahiti, à peine un mois avant le départ de la Hawaiki Nui, en tant que barreur. L’équipage s’adjuge la victoire de la première étape et termine troisième au classement général. Aujourd’hui encore, Hotuiterai fait partie de cette équipe.

« Nous avons fait sept podiums d’affilée avec Air Tahiti. Mon rêve serait de gagner un jour la Hawaiki Nui. »

LA RAME ET LES LIVRES

En parallèle de sa passion pour la rame, Hotuiterai poursuit ses études. Après son bac, il décroche une licence de géographie et aménagement des territoires à l’Université de Polynésie, puis réussit avec brio le concours de technicien catégorie B de la fonction territoriale, terminant major. Un Master à Toulouse était envisagé, mais l’amour est passé par là.

« Ma compagne est tombée enceinte de notre première fille, alors je suis resté. Elle me soutient énormément. C’est grâce à elle si je peux m’entraîner deux à trois fois par jour, 7 jours sur 7. »

Cet équilibre de vie lui permet de se présenter au départ des plus grandes courses et de monter sur les podiums d’épreuves prestigieuses comme la Taho’e race ou la Super Aito.

2025, UNE ANNÉE DE RÊVE

Hotuiterai Poroi réalise l’un de ses rêves. Qualifié pour les championnats du monde de V1 dans la catégorie marathon à Rio, il remporte la course de 16 km avec près de 300 m d’avance. Le gamin qui voulait faire de la compétition est devenu champion du monde.

« Je m’étais entraîné énormément, je ne voulais pas décevoir la Polynésie et toutes les personnes qui me soutiennent. »

Quelques semaines plus tard, il décroche à Tahiti la Hawaiki Nui solo. Mais Hotuiterai n’en a pas fini de rêver… En août 2026, il s’élancera à Singapour aux championnats du monde de V1 dans la catégorie sprint.

« Ce sont des courses très courtes et très intenses de 500 mètres ! »

Et si Hotuiterai sera seul dans son va’a, il sait qu’il peut compter sur ses plus fidèles supporters pour l’encourager.

Pauline Stasi

Rédactrice

©Photos : Pauline Stasi, International Va’a Federation, Xavier Keutch, pour Hommes de Polynésie

Directeur des publications : Yvon Bardes

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