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Sport

Claude Jost, un Maître de la Fédération Internationale des Échecs au fenua

Publié le 23 février 2024

Passionné par le jeu d’échecs, Claude Jost a obtenu le titre de Maître de la Fédération Internationale des Échecs à l’âge de 22 ans après avoir participé à plusieurs compétitions nationales et internationales. Aujourd’hui, Il transmet ses connaissances aux enfants scolarisés ainsi qu’aux prisonniers du fenua. Claude a accepté de se confier à Hommes de Polynésie pour retracer son parcours et pour partager sa passion pour le jeu d’échecs.

Découvrir les mystères du jeu d’échecs

C’est lorsqu’il est scolarisé en classe de CM1 que Claude Jost découvre un jeu d’échecs qui appartient à un camarade. Il commence ensuite à jouer occasionnellement avec ses amis plusieurs fois par semaine pendant deux ans. À l’âge de 13 ans, il rejoint un peu le club « Le Cercle d’Échec de Strasbourg ». Il est immédiatement séduit par l’idée de se perfectionner dans ce jeu, mais se rend compte de tout le travail à fournir pour y parvenir.

« Lorsque je contemplais l’échiquier avec ses pions, J’avais l’impression qu’il recelait des secrets dans ce jeu. Cela m’a incité à découvrir ces mystères. Le jeu m’appelait. J’ai également réalisé qu’il fallait travailler dur et écouter attentivement les conseils pour battre les membres du club. Il était également nécessaire d’acquérir des connaissances en écoutant les enseignants et en lisant des livres. Ces livres contiennent ce qu’on appelle la théorie des échecs, qui est un ensemble de connaissances accumulées par certains joueurs sur les meilleures combinaisons et les meilleures séquences de coup à réaliser dès le début du jeu. »

L’obtention du titre Maître de la Fédération Internationale des Échecs à l’âge de 22 ans

Claude se met au travail et participe à des tournois interclubs à Strasbourg et dans la région. A 16 ans, il parcourt l’hexagone pour s’inscrire à des tournois nationaux. À 17 ans, il se rend dans différents pays étrangers tels que la Hongrie, l’Angleterre ou la Suède pour prendre part à des compétitions internationales. À 20 ans, il décide de renoncer à poursuivre ses études en langues afin de se consacrer pleinement à sa passion. Il multiplie alors les compétitions nationales et internationales jusqu’à obtenir deux ans plus tard le titre de Maître de la Fédération Internationale des Échecs.

« À ce moment-là, j’avais des piles de livres d’échecs chez moi. J’étudiais et j’analysais les anciennes parties d’échecs des grands maîtres. Il ne faut pas tout apprendre par cœur, mais plutôt essayer de comprendre. Si tu comprends par exemple les mécanismes et les coups, tu vas toi-même les retrouver par la suite sans avoir à les retenir. Je lisais donc toute la journée et je participais à des compétitions. J’étais très content de mon titre, car c’est le résultat de nombreuses heures de travail. »

Moins de compétition et davantage d’enseignement

Après des années de rythme effréné, il décide, à l’âge de 35 ans, de participer à moins de compétitions et de consacrer plus de temps à l’enseignement. Il transmet son jeu favori dans divers établissements tels que les clubs d’échecs, les écoles ou les centres sociaux-culturels. En 2021, il s’installe en Polynésie et enseigne son jeu favori dans les établissements scolaires. Il estime d’ailleurs que les jeux d’échecs sont très utiles dans le développement de l‘enfant.

« Ce jeu a un énorme potentiel de créativité. On sait que le développement de la créativité est essentiel chez les enfants. C’est un jeu formateur pour l’esprit. C’est comme si tu étais en formation. On forme l’esprit à être rigoureux, à être calme et à respecter des règles de manière très stricte. Tu es obligé d’avoir tout cela pour obtenir des résultats, sinon ça ne marche pas. Cela aide beaucoup les enfants dans leur scolarité. »

Transmettre ses connaissances dans les prisons

Outre les écoles, Claude enseigne également les échecs dans les centres pénitenciers du fenua.

« J’ai été surpris par le niveau de certains prisonniers. Ce sont des débutants costauds. Tu ne peux pas joueur trop légèrement contre eux parce qu’ils savent quand même ce qu’ils font. Ce qui m’a aussi surpris chez les détenus, tout comme dans le milieu scolaire, c’est que les Polynésiens sont joueurs. Ils jouent et s’ils perdent, ils rigolent. Ils refont ensuite une autre partie. Celui qui perd en France, en revanche, il est mécontent et n’est pas heureux. Il arrive même qu’ils en viennent aux mains. »

Le chessboxing, une discipline à lancer sur le fenua

Hormis l’enseignement du jeu d’échecs, Claude Jost a aussi des idées de projet à mettre en place en Polynésie. Il réfléchit par exemple à lancer le chessboxing, un sport qui mélange boxe anglaise et jeu d’échecs.

« Dans le chessboxing, tu as deux rounds de boxe et une partie d’échecs. Cette discipline demande d’avoir des qualités assez antinomiques avec la boxe, qui est assez physique et sportif, et le jeu d’échec, qui est une activité plutôt intellectuelle et calme. Il existe des clubs en France et dans le monde. C’est comme si tu pratiquais le biathlon avec le ski et le tir. Le chessboxing pourrait très bien se faire en Polynésie. »

Canaliser la jeunesse polynésienne avec le jeu d’échecs et le chessboxing

Tout comme le développement du jeu d’échecs, le lancement du chessboxing est une des idées de projet que Claude a en tête pour aider les jeunes du fenua à se développer et à ne pas tomber dans divers fléaux.

« Je pense à proposer des activités aux différentes communes de la Polynésie dans ce sens. Le chessboxing pourrait justement aider les jeunes à se canaliser et à trouver une nouvelle passion. Il y a tellement de possibilités que quand tu t’impliques dedans, tu oublies tes bêtises. En France, il y a des gens qui sont sortis de prison grâce en quelque sorte au chessboxing. »

Pratiquer une activité physique et une activité intellectuelle

Pour conclure, Claude appelle la population à pratiquer une activité physique ainsi qu’une activité intellectuelle.

« Je me suis intéressé au jeu d’échecs pour son côté intellectuel.  En même temps, j’ai pratiqué beaucoup d’activités sportives dans ma jeunesse, comme le football et la course à pied. Je suis un peu partisan de la devise  »un esprit sain dans un corps sain ».  J’encourage donc les joueurs d’échecs à pratiquer une activité sportive et les personnes qui font du sport à s’adonner à une activité intellectuelle comme le jeu d’échecs. De cette manière, tu arrives à faire fonctionner ton corps et ton cerveau de la meilleure des manières possibles. Tu équilibres ton mental et ton physique, c’est-à-dire ta tête et tes jambes. »

Toatane Rurua

Rédacteur

©Photos : Toatane RURUA, Claude Jost et l’Association Puna Reo Piha’e’ina pour Hommes de Polynésie

Yvon Bardes, directeur de publication

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