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Évasion

Philippe : un terrain pour sauver la Société d’Astronomie de Tahiti

Publié le 26 septembre 2023

La Société d’Astronomie de Tahiti est créée en 1997. Située depuis 2000 sur un terrain de l’aviation civile, elle pourrait ne plus exister très prochainement. Hommes de Polynésie est parti à la rencontre d’un de ses plus fidèles membres et serviteur, Philippe Savriacouty, inconditionnel amoureux du ciel que l’hémisphère sud nous offre.

Un shot d’humilité

En 2004, lors d’une soirée d’observation du ciel à la SAT où Philippe est invité, c’est une révélation. 20 ans après avec Claude, le président de l’association, ses souvenirs sont encore vifs :

« J’ai pris le virus tout de suite. Depuis, c’est une passion qui ne m’a jamais quitté. »

Avide de savoir, il apprend inlassablement le nom des constellations, puis des étoiles. 

« C’est l’infini ! C’est attirant à la fois visuellement et dans son concept. On se sent tout petit. Quand on regarde quelque chose dans le système solaire, c’est du live par contre pour le reste, c’est souvent de l’histoire. C’est fou de penser qu’on peut regarder dans le passé en observant les étoiles. »

« Ça donne le vertige ! »

La SAT compte parmi ses objectifs, de regrouper les astronomes amateurs de Polynésie, de faciliter l’accès au grand public à des instruments de grand diamètre et de promouvoir l’astronomie en général. Pour cela, les membres se rendent régulièrement dans les écoles pour des initiations.

« On souhaite valoriser l’astronomie et inculquer la science de l’astronomie chez les jeunes. Ce sont eux les futurs astrophysiciens, astronomes… Ce que j’aime, c’est l’étincelle qu’on voit dans les yeux des enfants lors de nos passages en écoles, quelle récompense ! »

Hormis le cadre scolaire, quand les conditions météorologiques sont adéquates, la SAT dispense des séances d’observations au grand public et aux groupes privés. Comme Philippe peut en attester, souvent, lorsque l’œil est dans l’objectif du télescope, les humains prennent des ailes, les distances s’agrandissent et le vertige s’installe.

« Nous faisons les meilleures observations de la lune durant son premier quartier. Pour un super ciel étoilé, c’est lorsqu’il fait nuit noire, c’est à dire à la nouvelle lune, ces soirées sont plutôt réservée aux membres. C’est le moment où nous voyons le plus de détails. Une fois, on a fait une soirée pour des banquiers, à la fin de la session, ils se sentaient tout petits. Une remise dans le contexte plutôt magique. »

Et pour les approfondissements en la matière, une bibliothèque en français et en anglais est mise à disposition sur le site.

« Nous avons remarqué qu’il y avait également des touristes qui passaient pendant nos séances. Par souci de justesse, nous mettons à disposition ces livres en anglais. »

Notre ciel exceptionnel

L’hémisphère sud, est un réel eldorado pour les astronomes amateurs comme professionnel. Ici, 46 constellations sont visibles, et le sud de l’équateur est considéré comme le côté le plus riche en étoiles. Avec un grand nombre d’objets célestes qui illuminent le ciel, des conditions météorologiques plutôt propices tout au long de l’année, la Polynésie n’a rien à envier au Canada, à la Norvège ou à l’Islande.

« Nous avons l’opportunité de voir beaucoup plus d’objets intéressants. Par exemple, la nébuleuse de la Tarentule dans le nuage de Magellan. C’est impossible de voir ça dans l’hémisphère nord. Par une belle nuit d’étoiles, c’est un spectacle magnifique. »

La passion de Philippe réside dans le constat que l’observable n’est qu’une infime partie de ce qui existe. Et pour développer la communauté d’astrophiles à l’échelle locale, la SAT se déplace dans les iles.

« Nous allons faire des observations et des initiations dans les îles. Le transport de nos télescopes est compliqué, mais nous embarquons tout de même du bon matériel. »

Quand il n’a pas la tête dans les étoiles, Philippe swing.

« Mon autre passion, c’est la danse. Le rock et le west coast. Les étoiles ont-elles aussi leur façon aussi de danser (rires). »

« Saturne, Jupiter, la nébuleuse Orion M42, la tarentule,  M57 l’anneau du cigare, sont magnifiques à regarder. »

Pour continuer à observer ces astres sur un terrain adapté, Philippe lance un appel au nom de la Société d’Astronomie de Tahiti :

« Si l’on ne fait rien, on va bientôt disparaître. Il faut du monde pour parler de l’astronomie. Nous avons besoin d’un terrain préférablement avec une vue 360 degrés et accessible pour les sessions d’observations avec le public. »

Yvon Régis Bardes

Rédacteur

©Photos : Niuhiti Gerbier et la Société d’Astronomie de Tahiti pour Hommes de Polynésie

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