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Art & Culture

Tamatea Ondicolberry : parlons peu, parlons covid-19

Publié le 20 avril 2020

Quel que soit l’environnement, l’heure ou le cadre, le danseur a toujours son outil de télétravail avec lui : son corps. Covid-19 oblige, nous nous devons de rester enfermés chez nous pour lutter contre la propagation du virus. Tamatea, réputé dans le monde du Ori I Tahiti a bien compris que confinement ne rime pas avec dépression mais avec mouvement et bonne humeur ! Hommes de Polynésie est allé à sa rencontre (par mail, on vous rassure) !

Un, deux, trois, reprenons depuis le début !

Tamatea Ondicolberry est né en France, à Cagnes-sur-mer et a grandi sur l’île de Moorea, entouré de sa famille paternelle.

« Les valeurs dans lesquelles j’ai été élevé sont le respect, l’humilité et le partage. »

Il fait toute sa scolarité à Paopao jusqu’au collège et poursuit le lycée à La Mennais où il obtient son bac.

Il baigne dans la culture polynésienne depuis tout petit, et tout particulièrement dans la danse, une discipline dans laquelle il remportera plusieurs titres.

« Je faisais les shows dans les hôtels de Moorea, puis j’ai enchaîné en participant à plusieurs Hura Tapairu, Heiva… »

Cet amoureux de Ori I Tahiti remporte le troisième prix à son tout premier Heiva, et prend la première place aux trois suivants.

« En 2015, j’arrive troisième avec le groupe Heihere, en 2016 le premier prix avec Hitireva, en 2017 premier prix avec Tamariki Poerani et enfin en 2018 avec Ori I Tahiti. »

Également passionné de danse du feu, Tamatea gagne le premier prix du Te Ahi Nui1 .

Quatre, cinq, six, on continue !

Avec en bagage plusieurs années d’expériences enrichissantes dans cette discipline qu’il affectionne plus que tout, il décide, avec sa mère et son frère, d’ouvrir une école de danse qui portera le nom de Etuahi.

« Je continue de me perfectionner en participant, en amont avec les cours, à plusieurs compétitions. »

Parmi lesdites compétitions, l’élection de Mister Tahiti où il se voit recevoir l’écharpe du deuxième challenger. Puis devient champion du monde au Ori Tahiti World Championship. Et enfin, il remporte le premier prix Apipiti dans la catégorie duo ote’a au Hura Tapairu ; il dansait avec le groupe Homai, dirigé par Francky Tehiva, qui remporte également le premier prix.

Sept, huit, neuf, stop covid-19 !

Depuis la crise sanitaire, Tamatea essaye d’utiliser son temps au maximum dans le but de se perfectionner en tant que danseur, évidemment, mais également en tant que chef d’entreprise.

« J’améliore mon reo maohi et je fais beaucoup de recherches sur le business. Je cuisine, fais le ménage, mes entraînements de danse tahitienne et de feu, je regarde la télévision et je dors beaucoup ! (rires) »

Si vous souhaitez apprendre ou vous perfectionner également au Ori i Tahiti, vous pouvez le suivre sur sa page Facebook Etuahi2 sur laquelle Tamatea a pu organiser tout le programme de l’année pour ses élèves.

« J’espère seulement que l’on pourra commencer dès le mois d’août. »

En attendant, on profite de ses « live » sur Facebook et c’est super !

« Pas d’excuse, on peut faire de la danse à la maison. »

Le danseur professionnel nous livre le regard qu’il porte sur le monde face au coronavirus…

« J’ai vu qu’il y avait des stars et des personnes très riches qui ont fait des dons de plusieurs millions de dollars afin d’aider leur pays. Et j’ai vu également que la mafia a dû prendre les rennes niveau autorité afin que les personnes restent chez elles car le président du Brésil refusait le confinement. Enfin, de voir toute cette solidarité, ça m’a touché. »

La dépression qui touche énormément de personnes dans le monde, influence la qualité de vie, le travail, les relations et la santé physique. Les médicaments et les thérapies par la parole ne sont pas toujours adaptés ou disponibles. Alors pourquoi pas la thérapie par la danse ?

1 : compétition de danse du couteau de feu à Tahiti

2 : Etuahi

Vainui Moreno
Rédactrice web

© Photos : Kevin Mauheu, Shogen, Tamatea Ondicolberry

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