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Art & Culture

Façonneur de la nacre, l’artisan d’O Te Vai Créations

Publié le 9 décembre 2021

 

Sous le soleil ardent de la ville au petit matin, Hommes de Polynésie est allé à la rencontre de Cédric Legall, créateur et graveur de la bijouterie O Te Vai Créations. Nous y passons devant tous les jours, sans toutefois prendre le temps d’observer ce qui y est réalisé. Aujourd’hui, nous nous sommes arrêtés un instant, le temps de partager quelques mots avec les mains et la force de l’entreprise.

 

naissance et renaissance

Surfeur né sous le regard de l’aube, Cédric grandit sur Tahiti et développe sa personnalité dans une multiculturalité caractéristique de nos îles. Il fait grandir son âme en voyageant, contribuant à son élévation personnelle et à son ouverture d’esprit.

« Le fait de voir autre chose nous aide à découvrir un nouveau monde, de nouvelles idées. »

Les journées défilent et l’univers manuel le suit comme un pétale accroché à son cœur de travail. Cédric enchaîne les petits boulots pour finalement se trouver.

« Je travaillais sur les chantiers, je faisais du jardinage, je touchais un peu à tout. »

Et c’est à rebours, 4 ans plus tôt, que sa femme lui insuffle cette fureur d’invention. C’est donc armé de ses outils et de maîtres graveurs qu’il développe son savoir-faire.

LA GENÈSE DE L’ARTISAN

L’entreprise née en 2008, complète son image avec son artisan en formation et qui, progressivement s’élève dans le milieu de la bijouterie.

« J’ai bossé avec des artisans qui, au fur et à mesure, m’ont appris le métier. »

Hina, Elvis, Alphonse, sont des noms qui l’ont accompagné dans son ascension.

« Le fait d’avoir travaillé avec ces personnes, j’ai beaucoup évolué. Grâce à eux, je suis arrivé là où j’en suis. »

Les étapes sont fondamentales avant la réalisation d’un bijou et la formation est un chemin nécessaire à la progression mais aussi au perfectionnement de chaque technique.

« J’observais beaucoup ce qu’ils faisaient, je recréais leurs mouvements, je pratiquais. Chacun m’a donné une astuce, et ils ont façonné qui je suis désormais. »

En dehors de la profession, il nous confie cette richesse qu’il a acquise, un savoir qui ne se dit ni en mot ni en geste.

« Ils m’ont appris cette passion, cette lumière qui illuminent leurs yeux lorsqu’ils partagent leur savoir et leur savoir-faire. »

GRAVURE ET CRÉATIONS SUR-MESURE

Sous le flot ininterrompu des passants de la ville, Cédric nous montre ses œuvres et nous fait voir sous son œil, la richesse et le caractère unique de chaque pièce.

« L’aspect brut de la nacre ne permet pas de voir ce qu’elle cache. Et lorsque tu la travailles, sa couleur ressort et la magie opère. »

La nacre n’est jamais la même, c’est ce qui nourrit son imaginaire. Chacune d’entre elles, de par sa nature unique, définit le bijou final.

« Ce que je préfère et qui me motive le plus, c’est vraiment de partir d’une matière brute pour arriver à une pièce finale qui sera portée et sublimée par la personne. »

Nous disons souvent que les tâches sont réparties dans une équipe. Dans celle d’O Te Vai Créations, Cédric porte les mains qui confectionnent et mettent en lumière les idées qui émanent de sa femme.

« Nous nous complétons dans le travail et c’est ce qui me plaît. »

Tantôt Cédric crée. Son inspiration vient du néant, durant la création d’une pièce. Elle s’immisce dans sa tête sans prévenir, dans l’écoute d’une musique ou l’observation de la nature.

« Il faut laisser l’inspiration venir car, quand tu la cherches, elle n’aboutit pas toujours. »

Tantôt les créations sur-mesure sont un chant de guerre.

« Le client dit ce qu’il veut et c’est déjà 50% du travail, puis toi, tu ajoutes ta patte. C’est à toi de mettre ta touche personnelle, ta griffe et c’est très satisfaisant de les voir apprécier nos pièces. »

Le milieu de la bijouterie est un monde vaste et l’artisan se démarque de par sa polyvalence en s’adaptant à tous les milieux. Il suit les tendances et s’accommode face à la modernité et aux goûts collectifs.

« En ce moment, on est sur les mabés1. On surfe sur cette tendance car il y a beaucoup de commandes. »

En attendant de pouvoir admirer les nouvelles créations en cours, c’est sur des paroles bienveillantes que Cédric nous quitte.

« Je suis fier du savoir-faire que j’ai maintenant. J’aimerais motiver les jeunes car on a un trésor qui réside dans nos mains. Il faut se lancer pour ne pas avoir de regrets plus tard. »

¹ Demi-perles naissantes sous le manteau de nacre de l’huitre mère

Manutea Rambaud

Rédactrice

©Photos : Manutea Rambaud pour Hommes de Polynésie

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