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Sport

Kevin Scott , l’aviron à la polynésienne !

Publié le 12 février 2019

Comment lutter contre l’obésité en Polynésie ? Le sujet fait débat sur la toile mais personne ne détient de recette miracle. Cela étant, il est des hommes comme Kevin Scott qui se bougent et qui comptent sur la détermination du polynésien pour améliorer son hygiène de vie. Hommes de Polynésie s’est intéressé à ce quadruple champion de rame indoor qui participe pour la 5ème année consécutive au « défi rame pour ton cœur ». 

KEVIN SCOTT, CŒUR DE RAMEUR

On devine aisément qu’avec un nom à consonnance écossaise, Kevin Scott a des origines européennes mélangées. Avec l’Ecosse, il y a l’Espagne et un berceau familial situé dans le sud de la France, près d’Avignon. Il y grandi avec son petit frère et des parents qui ont essayé de lui apprendre qu’il faut travailler pour avoir ce que l’on veut, et que quand on veut, on peut !

« Mais je l’ai compris que plus tard, grâce à l’aviron qui m’a permis d’être ce que je suis aujourd’hui. »

Bien plus tard oui, car à l’adolescence il va connaître sa traversée du désert. Atteint d’une maladie de la croissance doublée d’une scoliose, il sera longtemps interdit de pratique sportive. Résultat, l’énergie non canalisée n’était pas dépensée comme elle aurait dû l’être.

« Je me suis retrouvé un peu paumé et à la limite de l’échec scolaire. Si mes parents ont toujours tout fait pour qu’on ne manque de rien, c’est l’aviron qui m’a donné une bouffée d’oxygène et m’a remis sur les rails. »

L’aviron, mais surtout transmettre ce qu’on peut devenir grâce à ce sport ! Pour Kevin, c’est clairement ce sport qui lui a forgé le caractère, discipliné et apporté des ressources physiques et mentales qu’il n’aurait pas pu développer autrement.

TRANSMETTRE POUR UN MIEUX-ETRE

« Le rêve serait de permettre aux polynésiens de vivre ce que j’ai pu vivre en pratiquant l’aviron. »

Il prend beaucoup de plaisir à voir les pratiquants se réaliser, progresser et se transformer en apprenant sur ce sport mais aussi en apprenant à l’enseigner. Il inculque ces notions au club d’Aviron de Polynésie Cap Marara à Punaauia. Cela concerne tout le monde : depuis les personnes qui viennent pratiquer car elles sont malades, diabétiques, en surpoids, aux jeunes qui se forgent et grandissent au club.

« On a la chance aussi d’être soutenus par des services du pays qui nous permettent de sortir les jeunes des quartiers et leur donner une chance de pouvoir faire ce que je fais aujourd’hui, et d’en vivre… »

Il est très gratifiant pour Kevin de leur apporter ce qu’il faut pour être capable de dompter leurs appréhensions à maitriser ce sport qui est encore nouveau et parfois mal vu ici. Vaincre le regard de leur entourage, leur timidité, développer des compétences techniques et relationnelles, s’extérioriser, prendre des responsabilités, se mixer socialement, découvrir un nouvel univers.

« Tout ça n’est pas facile mais ça fait grandir et vous rend meilleur, plus ouvert, plus humain aussi… Work in progress comme on dit, mais on sent qu’on touche au but. »

Kevin reconnaît avoir la chance de partager sa passion ici entre autres avec le président fondateur du Club, Matthieu Forge qui préside aussi aujourd’hui également la fédération d’Aviron du Pacifique et Jacques, leur ainé qui ramenait déjà des médailles quand ils n’étaient pas nés.

« On a un ADN de rameur commun, et chacun à notre niveau on arrive à faire ce qu’il faut pour que notre passion puisse être transmise à un maximum de polynésiens. »

Ils se complètent bien, partagent aussi beaucoup et démontre qu’ils n’ont pas fini de s’enrichir et de grandir grâce à ce sport même s’ils le pratiquent depuis des décennies.

« Le défi de mercredi sera encore une belle occasion pour le faire. On va partager un moment ces valeurs de transmissions et d’entraide, on sera tous dans le même bateau avec des jeunes, des vieux, des malades, des athlètes. On va partager notre expérience et s’en forger une toute nouvelle pour une belle cause. »

ANDREA, SA SOUPAPE

A part l’aviron et les activités qu’il peut faire en complément pour sa préparation physique, Kevin est très porté sur les nouvelles technologies. Il n’en oublie pas la terre où il trouve ses friandises préférées qui sont les mangues ou l’ananas, entre les deux son cœur balance.

« Par contre aucune modération sur l’eau de coco, ce qui m’a valu des surprises à mes débuts en Polynésie. »

Sa connexion avec ce versant ci de la planète s’appelle Andréa, sa compagne. C’est d’elle que lui vient son premier lien avec la Polynésie, sa mère étant d’Hiva Oa.

« J’ai été super bien accueilli par sa famille qui m’ont adopté comme elle à notre arrivée sur le Fenua. »

Andréa est à la fois sa soupape quand il a besoin de se couper du monde, son soutien quand ils ont des rushs au boulot, sa partenaire de passion comme lorsqu’il s’est embarqué dans des défis comme l’ultra endurance sur le rameur, ou lorsqu’il a fallu prendre la décision de tout plaquer en France pour venir ici…

« Mais surtout elle me supporte depuis 9 ans au quotidien, moi et mes entraînements à 10h du soir dans le salon entre autres… et je sais ça peut être fatigant à la longue, y’en a pas beaucoup qui pourraient le faire ! »

Celui qui l’a inspiré le plus en définitive est son père. Ce n’est pas un homme hors du commun, mais il sait garder son calme et sa clairvoyance en toutes circonstances. Il a beaucoup plus appris qu’il ne pense en le voyant être ce qu’il est, et souvent pour trouver des solutions il se demande ce qu’il ferait à ma place.

« J’admire sa capacité à analyser les choses avant d’agir et son altruisme, et je ne l’ai jamais vu se plaindre ou paniquer et pourtant il en aurait eu l’occasion. » 

« L’HUMANITE S’EST PERDUE JE CROIS…MAIS PAS ICI »

On l’a compris, le regard que porte Kevin sur la vie en Polynésie et les valeurs polynésienne est celui de la bienveillance. Si c’est d’abord le cadre de vie avec les lagons, le climat, les cocotiers et montagnes qui l’a attiré, c’est l’humain qui l’a fait rester.

« La Polynésie est encore hors du temps. On considère les personnes en se disant qu’elles pourraient être de nos familles, et pas comme des étrangers.  Finalement je retrouve un peu de ce que j’ai vécu dans mon enfance ou tu connaissais tout le monde dans ton village et où tous veillaient les uns sur les autres. C’est cette bienveillance qui fait qu’on s’y sent bien et qu’on devient aussi comme ça. »

Lorsqu’il reçoit des amis qui viennent les voir en vacances, il essaye d’être à la hauteur de l’accueil Polynésien et finalement il en tire un réel enrichissement aussi.

« La bonne humeur permanente, t’aide aussi à prendre la vie du bon côté, j’ai appris à me contenter de ce que j’ai et à me focaliser sur ce que je peux apporter aux autres. Ça contraste avec ce qu’on peut voir ailleurs où c’est chacun pour soi. L’humanité s’est perdue je crois… mais pas ici ! Aujourd’hui je ne me vois pas ailleurs qu’ici. »

Kevin compte poursuivre son rêve ici. Il n’y a pas de limites en aviron. Il peut toujours ramer plus loin, plus longtemps ou plus vite. L’idée serait d’amener dans leur bateau un maximum de polynésiens pour voir jusqu’où peuvent aller leurs nombreux projets de développement.

« On veut créer un aviron à l’image de la Polynésie, et même si on en est qu’au berceau, on sait que l’aventure nous mènera loin. Faire rayonner la Polynésie grâce à notre sport qui est très universel sur tous les continents sera un juste retour des choses…. On a déjà commencé à faire rêver tout le monde sur nos Instagram et Facebook »

L’Homme polynésien selon Kevin est authentique, joyeux, bienveillant, polyvalent, curieux, fier, combatif. Il l’appelle à venir faire de l’aviron. La Polynésie va bien à ce sport, et pour le moment il y a plus de filles que de garçons au club !

Jeanne Phanariotis
Rédactrice web

© Photos : Kevin Scott

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