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Société

Alix Millepied, sauveteur des animaux en détresse

Publié le 29 octobre 2021

Malgré son jeune âge, Alix Millepied, 16 ans, a décidé de se consacrer à la cause animale en s’engageant bénévolement au sein de l’association Eimeo Animara. Il parcourt nuit et jour les districts de Moorea pour secourir des animaux maltraités ou blessés. Pour hommes de Polynésie, l’adolescent partage son quotidien ainsi que son engagement en faveur de ces chats et de ces chiens en détresse.

Témoin de maltraitance d’animaux pendant son enfance

Originaire de Moorea, Alix Millepied débute sa scolarité à l’école maternelle de Papetoai avant de poursuivre à l’école primaire puis au collège d’Afareaitu. Depuis tout petit, il aide sa mère, membre de l’association Eimeo Animara, à sauver des chats et des chiens abandonnés ou maltraités sur l’île de Moorea. Choqué par tout ce qu’il a vu, il s’est promis de rester dévoué à la cause animale.

« Durant mon enfance, j’ai vu plusieurs fois des gens donner des coups de pied sur des animaux errants. Lorsque j’étais au collège d’Afareaitu, des élèves frappaient de jeunes animaux et les laissaient mourir dans et en dehors du collège sans que la plupart du personnel de l’établissement ne s’en inquiète. Plus je voyais ça, plus j’avais envie de protéger ces animaux. »

Des actions de prévention à faire dans les établissements scolaires

Il a dû intervenir, s’interposer plusieurs fois auprès des collégiens pour aider les animaux. Il regrette que des actions de sensibilisation en faveur de la cause animale ne soient pas mises en place dans les établissements scolaires.

« Je pense qu’il faudrait que des actions de prévention se fassent dans les écoles ou dans les collèges, comme cela se fait par exemple avec les rapports sexuels ou les accidents de la route. Il faudrait qu’il y ait au moins un enseignant qui fasse ce travail dans chaque établissement. Celui-ci devrait apprendre aux enfants comment être gentil avec les animaux et comment les respecter. »

Sauvetage d’animaux en détresse autour de l’île de Moorea

Alix est aujourd’hui scolarisé en classe de première au CNED (Centre National d’Enseignement à Distance). Il a aussi décidé de s’engager au sein de l’association Eimeo Animara. Sa mère et lui reçoivent en moyenne cinq à six appels téléphoniques par jour pour des conseils ainsi que pour des cas d’animaux blessés ou abandonnés.

« Tous les jours, j’aide ma mère à s’occuper des animaux. On peut intervenir à n’importe quelle heure, même à une heure ou à quatre heures du matin, autour de l’île pour en général sauver des chiens et des chats blessés. Ce sont des animaux qui ont été percutés par une voiture ou qui ont été battus. On voit même parfois des traces de coupe-coupe sur certains d’entre eux. »

Alix et sa mère récupèrent ces animaux et les ramènent à leur domicile. Ils font les premiers soins et vont, selon la gravité des blessures, les garder quelques jours ou les envoyer en urgence chez un vétérinaire. Dès qu’un animal se porte bien, il est placé dans une famille d’accueil de Moorea.

« Franchement, j’ai envie de faire la même chose aux êtres humains qui maltraitent les animaux. On ne se met jamais à leur place. Est-ce que ça va leur plaire de prendre des cailloux dans la tête, des coups de pied dans les côtes ainsi que des coups de bâton ou de coupe-coupe ? Quand vous abandonnez des chatons et des chiots, c’est comme si vous abandonniez des bébés humains. On ne se rend vraiment pas compte. C’est de l’inconscience. »

Appel à la générosité de la population

Outre les interventions, Alix participe également aux journées de récolte de croquettes. Cela se passe un week-end sur deux en face du supermarché de Maharepa, de Toa Champion Moorea et de Super U Are. Le jeune homme reconnaît la générosité de certains habitants de l’île. Il est toutefois déçu de souvent entendre des remarques déplacées de la part de certaines personnes.

« Beaucoup de gens sont assez gentils et généreux avec nous. On réussit à collecter en moyenne 100 kilos de croquettes et de nourriture à l’issue de chaque opération de récolte. D’autres personnes par contre nous disent ouvertement que ce qu’on fait ne sert à rien. Certains nous disent même qu’ils voudraient manger des chiens si on en a à leur donner. »

Pour conclure, Alix confie qu’il est plutôt pessimiste concernant le comportement de l’homme envers les animaux aussi bien à Moorea que dans le monde. Il conseille toutefois aux propriétaires d’animaux d’avoir recours à la stérilisation, ou à l’euthanasie à la naissance, pour éviter la propagation de chiens ou de chats errants. Avec Eimeo Animara, Alix a pour vocation d’aider à la stérilisation des animaux.

« Actuellement, tous les voyants sont au rouge à Moorea. Mais si tout le monde se met au moins à comprendre qu’il faut moins de reproduction animale, on pourrait baisser le taux de mortalité des animaux ainsi que la maltraitance. Moins il y aura d’animaux dans la rue, moins il y aura de personnes qui vont leur lancer des cailloux et des bâtons. Il faut comprendre que les animaux sont des êtres vivants et qu’ils ont besoin comme tout le monde, d’être aimés et respectés.»

Toatane Rurua

Rédacteur

©Photos : Alix Millepied et Toatane Rurua pour Hommes de Polynésie

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