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Portrait

Michael Vongue, sage-femme au masculin

Publié le 1 mars 2022

Au masculin, car Michael Vongue est un homme et il est sage-femme. Sept ans qu’il s’est fait une place dans un milieu professionnel habituellement féminin. Hommes de Polynésie vous emmène à la rencontre de ce maïeuticien1 dévoué.

Donner et recevoir

Accueillir la vie ; c’est ce qui le passionne dans son métier. Les mains expertes de Michael ont déjà accueilli une dizaine de bébés en janvier et plusieurs centaines depuis ses débuts. 

« C’est incroyable comme la nature est bien faite. C’est ce qui m’a frappé à mon tout premier accouchement. Et cela m’impressionnera toujours. »

Il entame avec sérénité sa septième année en tant que sage-femme au bloc obstétrical de l’hôpital du Taaone. Le jeune homme se sent utile et à sa place.

« C’est un métier qui a du sens : j’aide les gens. Le résultat, c’est de donner la vie ! »

S’intégrer

Évidemment, il a fallu s’intégrer dans « ce monde de femmes », tel que Michael le décrit. En général, les mamans l’acceptent volontiers. Mais il arrive que les papas refusent sa prise en charge.

« Cela reste rare, peut-être 1% des cas ! Mais ça arrive. D’autant plus qu’on sait que certains Polynésiens font parfois preuve de jalousie. »

Dans ce cas, il rassure et s’adapte… Le côté social est un aspect important de son métier qui l’anime chaque jour.

« Être au plus proche des gens, les rencontrer, partager leur histoire, leurs soucis ou leurs joies… J’adore ce côté social ! »

Les patientes défilent, mais ne se ressemblent jamais. Chaque prise en charge est différente. Trois sages-femmes se relaient toutes les 12 heures, accompagnées de deux aides-soignantes et d’un infirmier anesthésiste. Leur rôle est d’accompagner les futures mamans dans ce moment angoissant et douloureux qu’est l’accouchement. Mika est le référent dans l’utilisation du TENS2, une petite machine qui permet d’atténuer naturellement la souffrance. Les 150 patientes qui l’ont testé l’ont adopté.

« À part la péridurale, on n’a pas énormément de moyens ni de connaissances dans la prise en charge de la douleur. Il y a peu d’études à ce sujet. Moi j’ai fait mon mémoire d’études sur le TENS. Je le propose aux patientes et elles acceptent ou non. Ici, on pratique aussi l’hypnose et l’acupuncture. »

Jamais la routine

Mika est apprécié par ses collègues et ses supérieurs pour son calme légendaire. Une qualité essentielle dans son métier. Entre les coups de fil, le bip-bip des régulateurs, la paperasse, sans oublier les nuits de garde et les évacuations sanitaires… Il faut s’accrocher. Courage, réactivité et confiance en soi sont de rigueur.

« C’est une vocation. Si tu n’aimes pas, tu seras vite dépassé(e). C’est pour ça que le travail d’équipe compte beaucoup dans ce métier. »

Heureusement que l’ambiance est bonne au bloc. La bienveillance et l’entraide sont fondamentales pour l’équipe, surtout dans les moments difficiles. Mika se remémore notamment la période Delta. 

« On devait refuser les papas. C’était triste pour tout le monde parce qu’on cherche toujours à ce que tout le monde se sente apaisé. Mais la santé d’abord… »

Malgré tout, Mika aime son métier chaque jour un peu plus. À bientôt 30 ans, il n’a rien perdu de son entrain.

« Tout est marquant. Tu ne sais jamais à quoi t’attendre ! »

1 Homme qui exerce la profession de sage-femme.

2 La neurostimulation électrique transcutanée (TENS) est une technique qui consiste à utiliser un courant électrique afin de soulager la douleur.

Mereini Gamblin

Rédactrice

©Photos : Mereini Gamblin pour Hommes de Polynésie

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