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Portrait

Ken Yin Chongue : le massage pour libérer des blessures intérieures

Publié le 6 décembre 2022

Ken Yin pratique le massage ayurvédique depuis six mois au sein de son institut, niché sur les hauteurs de Te Tavake, derrière la maison de ses parents. Il nous y accueille lors d’une séance et nous fait découvrir son savoir-faire. À chaque massage, une histoire se révèle. Hommes de Polynésie en parcourt les pages avec vous.

Tournant

À l’approche du coin massage, les effluves de sésame embaument l’atmosphère. C’est le parfum de l’huile qui chauffe… Ken l’utilise chaude pour ses soins. Ses bienfaits nutritifs, exfoliants et digestifs en font l’élixir par excellence des adeptes d’ayurvéda1. Et cette pratique, Ken la découvre grâce à son père. À l’époque, le jeune homme revient tout juste du Canada : il expérimente plusieurs filières -droit, gestion, sciences humaines- sans parvenir à aller au bout de ses études.

« Je suis rentré au fenua sans diplôme alors que ça a coûté beaucoup d’argent et ça m’a fait ressentir beaucoup de culpabilité et de pression. J’avais alors 22 ans et je me demandais ce que j’allais faire car je n’arrivais pas à gagner ma vie. Et puis, comme mon papa se faisait masser, j’ai décidé de l’accompagner. »

Ken s’intéresse alors à ce traitement, qui fait visiblement beaucoup de bien à son père. Il décide donc de suivre une formation différente de toutes celles qu’il avait connues jusqu’à lors. Heureux de ces nouvelles perspectives, il acquiert rapidement toutes les techniques du massage ayurvédique. Malheureusement, la formation tourne vite au cauchemar.

« J’ai eu un excellent formateur technique mais il avait une très grande emprise sur moi et a donc réussi à briser l’estime de moi-même. »

Introspection

Ken obtient néanmoins sa certification et devient l’un des rares masseurs à pratiquer l’ayurveda en Polynésie. Sa formation complémentaire basée sur l’énergie du corps et de l’esprit l’aide à reprendre confiance en lui.

« Au début, je massais comme lui, jusqu’à ce que je prenne enfin mon indépendance grâce à une formation d’Oravision. »

Se relevant de cette écorchure grâce à son déracinement et ses expériences, Ken se trouve enfin lui-même. Son bagage lui permet aujourd’hui de proposer des prestations uniques et à son image. Son institut porte d’ailleurs son deuxième nom : Heimanu.

« C’est grâce à ces expériences que j’arrive à faire preuve d’empathie, à rejoindre mes clients dans leurs souffrances et à les soulager, du moins, au mieux que je peux. »

Blessures sous-jacentes

Le jeune homme décrit chaque massage, chaque corps, comme un livre. Au fil de ses gestes, minutieux et précis, il en devine l’histoire. Les tensions se révèlent, puis s’assouplissent.

« Lorsque quelque chose pèse dans le tissu conjonctif, je le sens. J’adapte mes soins à la personnalité et aux croyances de chacun. J’en apprends davantage sur l’être humain, sur le fonctionnement du corps et sur ma sensibilité aussi. »

Consécration

Ken s’applique à redonner de la vitalité aux corps grâce à des techniques proches du magnétisme. L’énergie, physique comme spirituelle, est au cœur de sa pratique. Au-delà du soin, il veut permettre à ses clients de ressentir et de conscientiser leurs douleurs pour pouvoir s’en défaire.

« Mon activité me nourrit chaque jour. Lorsque tu ressors du massage, tu as encore plus d’énergie car tout le monde est heureux : c’est cela, ma récompense ! »

À l’avenir, Ken souhaite développer ses techniques et intégrer les plantes et la nutrition à ses soins.

1 Médecine traditionnelle indienne reconnue par l’Organisation Mondiale de la Santé

Mereini Gamblin

Rédactrice

©Photos : Mereini Gamblin pour Hommes de Polynésie

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