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Teheiarua Urarii : guide des sommets de Moorea

Publié le 15 octobre 2021

Teheiarua Urarii s’est taillé une solide réputation en tant que guide de randonnée pédestre auprès des touristes du monde entier grâce à l’ascension du Mou’a Puta. Depuis des années, il ne cesse de faire découvrir les sommets de Moorea, ses paysages naturels magiques ainsi que les trésors de la culture polynésienne à ses randonneurs. Il offre à Hommes de Polynésie une escapade, l’instant d’une ascension de sa dulcinée.

Guide de randonnée pédestre : un rêve d’enfance

Originaire de Moorea, Teheiarua Urarii, plus connu sous le nom de Valentin, passe son enfance dans la plantation agricole de sa famille à Maatea. Plus tard, il opte tout naturellement pour des études agricoles en s’inscrivant au Lycée Agricole d’Opunohu. Après l’obtention de son BEPA1, il part en France pour suivre un Brevet de Technicien Agricole dans l’optique de reprendre la plantation de son grand-père.  Et c’est lors de cette formation en métropole que son idée de devenir guide de randonnée pédestre fait son chemin.

« Pendant mes cours en BTA, on traitait un domaine qui s’intitulait « Le tourisme rural en France ». C’est un peu une diversification pour les agriculteurs. C’est de là que j’ai eu le réflexion de le faire chez moi à Moorea. La randonnée était aussi un rêve vu que j’allais souvent en montagne avec mes parents pour récolter des fougères. »

Un spécialiste de l’ascension du Mou’a Puta

A son retour de France, il prend en main l’exploitation agricole familiale. On y retrouve du litchi, des orangers, des citronniers, des avocatiers, du taro ou encore de la patate douce. Mais c’est en 2015 qu’il passe et obtient son diplôme de guide de randonnée pédestre en Polynésie Française. Il parcourt les sommets des montagnes de Moorea tout en faisant découvrir leurs merveilles aux résidents mais surtout aux touristes. Son itinéraire favori est celui de l’ascension du mont Mou’a Puta.

« C’est cette montagne-là qui m’a fait connaître dans le monde entier. Cette montagne, autour de laquelle gravitent les croyances ancestrales, est vivante. Elle a une âme. Je pense que cette montagne attire les touristes en raison des efforts requis et des difficultés pour y accéder. Au sommet, tu as une vue à 360 degrés, bien au-dessus du volcan de Moorea. »

Partage de l’histoire et de la culture polynésienne

En plus de la découverte des sommets de l’île, Teheiarua aime partager ses diverses connaissances sur la faune et la flore polynésienne, que cela soit dans les montagnes ou dans sa plantation agricole.  Il en profite pour expliquer, à travers la découverte des plantes par exemple, l’histoire du peuple polynésien ainsi que les éléments de la culture polynésienne comme la médecine traditionnelle.

« J’ai acquis beaucoup de connaissances au sein de ma famille. C’est du vécu. Je les ai complétées ensuite par des recherches personnelles. J’allais souvent par exemple dans les vallées pour chercher du mape. Je me suis même coupé plusieurs fois les doigts en préparant leur cuisson. Désormais, je fais découvrir ce fruit aux touristes en leur expliquant l’histoire de son introduction sur le fenua ainsi que sa place dans l’alimentation des anciens polynésiens. Je fais de même avec les autres fruits comme les bananes ou le uru. »

Inquiétudes sur les terres privées et les projets immobiliers

Bien qu’il se sente complètement épanoui, Teheiarua affiche toutefois quelques inquiétudes vis-à-vis de sa profession. Il s’inquiète notamment de la possibilité qu’ont les propriétaires de terres de pouvoir empêcher les randonneurs d’accéder à certains sentiers en passant sur leur terrain familial.  Selon lui, cela empêche également la création de nouveaux sentiers.

« Il faudrait que les propriétaires de terres, les communes de la Polynésie et le territoire se mettent autour d’une table et prennent des décisions pour que tout le monde soit gagnant. C’est important pour étendre les sentiers de randonnées et ainsi avoir beaucoup plus d’itinéraires. On a la chance d’avoir des sentiers dans la vallée d’Opunohu vu que c’est un domaine public, mais on peut exploiter d’autres sentiers. »

Parmi l’une de ses grosses inquiétudes, celle du lancement actuel de plusieurs projets immobiliers autour de l’île de Moorea. Il craint notamment de voir la beauté naturelle de l’île tout comme son authenticité, très appréciées par la population et les touristes, disparaitre complètement.

« On est en train de détruire l’environnement pour faire de la place aux projets immobiliers. Il n’y aura bientôt que du béton partout. Les politiciens nous disent que ces projets vont créer des emplois. Mais est-ce qu’on aura assez d’eau pour approvisionner tout le monde ? Pourra-t-on gérer l’accroissement des déchets ? Que va devenir la beauté de l’île ? Je pense aussi que la délinquance va s’envoler avec l’urbanisation. Il faudrait que l’on régule un peu tous ces projets au lieu de toujours dire oui aux promoteurs. »

Pour l’heure, il continue de faire profiter à la population locale avec sa société Teheiarua Rando mais aussi aux touristes, les paysages magnifiques de sa chère Moorea.

¹ Brevet d’Etudes Professionnelles Agricoles

Toatane Rurua

Rédacteur

©Photos : Teheiarua Urarii pour Hommes de Polynésie

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