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Didjelirium, philosophie de la manette

Publié le 13 novembre 2020

Hommes de Polynésie revient sur le portrait de Charlie Perez, alias Didjelirium. Ancien professeur de philosophie, aujourd’hui “artiste pluridisciplinaire : musique, écriture, vidéo et motion-design 2D et 3D”, il puise dans sa passion du jeu video inspiration et apprentissage.

Didjeridoo + Delirium = Didjelirium

C’est mon nom de gamer, avant d’être mon nom d’artiste.

Une jeunesse en pixels

Ses premiers pas dans le jeu vidéo se sont fait sur PC, sur des titres comme Ultima1, ou sur de vieux jeux de rôles en commande de texte sur des disquettes 5’1/4. Et puis il y a eu la NES, la première console de Nintendo que ses parents ont pu lui offrir.

J’aime la lecture, et je suis fan de jeux de rôles depuis tout petit. J’aime les histoires, et le monde du jeu est rempli d’histoires !

Comme beaucoup de gens de sa génération, Charlie passe pas mal de temps sur des bornes d’arcades.

J’ai passé plus de temps que je n’aurais dû à celle du Fare Tony, à l’époque de Street Fighter et Mortal Kombat. C’était une sacrée époque !

Il joue aussi beaucoup chez lui et chez des amis. Il rencontre pas mal de personnes dans le cadre du jeu vidéo, et avec certains il continue encore à jouer, depuis plus de 20 ans.

Nous sommes très proches, même s’il y en a plein que je n’ai jamais rencontré dans la vraie vie, ou I.R.L.2

Créativité et gaming

En semaine, Charlie s’accorde en général une heure de jeu par jour après le travail – une durée extensible en fonction du jeu ou des amis en ligne. Le week-end, il peut y passer le plus clair de son temps libre.

Le jeu vidéo est une source énorme d’inspiration pour mon métier: les cinématiques, les dialogues, les animations, les mouvements de caméra, le scénario, la musique… Donc je joue, certes, mais j’étudie en même temps.

D’ailleurs, avant de nous lancer dans cette interview, nous avions entendu parler d’une anecdote liant le jeu vidéo et la facette musicale du travail de Charlie.

Lors de l’E3 de 2018, Ubisoft a annoncé un partenariat avec HitRecord3 pour le jeu Beyond Good & Evil 24. L’idée était de confier à la communauté le soin de créer plusieurs chansons qui seraient intégrées dans le jeu. J’ai donc sauté sur mon clavier, et j’ai écrit près d’une dizaine de morceaux. Au final, au moins 5 d’entre-eux ont été validés, peut-être 7, et devraient figurer dans le jeu final !

En attendant, vous pouvez entendre Didjelirium chanter un couplet et le refrain de deux morceaux du jeu Watch Dogs : Legion5 : Fight for Freedom et Riot.

J’avoue que c’est un sentiment unique de s’entendre soi-même dans un jeu vidéo. C’est un peu un rêve qui se réalise, en tant que musicien-gamer-geek.

Une vie de passionné

Même si c’est une facette de sa vie professionnelle qu’il met un peu de côté, Charlie effectuait il y a encore quelques années un remplacement de 6 mois en tant que professeur de philosophie au lycée de Taaone.  Dans l’échange de savoir qui résulte de ces interactions avec les élèves, il met un point d’honneur à utiliser des exemples qui leur parlent pour expliquer des concepts philosophiques.

J’utilisais donc souvent le manga ou le jeu vidéo pour faire comprendre un point précis. Et évidemment, mes élèves aimaient mes cours !

Comment gères-tu passion et vie privée ?

Le jeu vidéo fait partie de moi, de ma culture geek. Ma chérie est de Taiwan, et à Taiwan, ça fait longtemps que l’e-sport et le “sérieux” du jeu vidéo ne sont plus à prouver.

Sa chérie joue également avec lui à des titres comme Borderlands, et il arrive qu’ils fassent des week-ends sur Diablo 3 avec elle et ses sœurs, chacun sur son laptop.

A Taiwan, les filles comme les garcons pratiquent le jeu vidéo, pas de discrimination!

Le jeu vidéo tient une place importante dans la vie de Charlie et lui apporte autant de satisfaction sur le plan professionnel que personnel.

Le jeu vidéo m’apporte une échappatoire, un accès vers une multitude d’univers.  Il faut sortir de cette image que “jouer, ce n’est pas sérieux”. Au contraire, le jeu, c’est très sérieux. L’apprentissage social, le conflit et son règlement, l’apprentissage de règles et la définition de sa propre liberté en fonction de ces règles, la collaboration, la stratégie, les enjeux, le plaisir, l’échange… Tous ces éléments prépondérants dans le développement d’un individu passent aussi par le jeu.

Roxascantuary
Rédacteur web

© Photos : Charles Perez

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