
Manarii Porlier : du rêve brisé aux sommets du football polynésien
À 36 ans, Manariitehauroa Porlier, plus connu sous le nom de Manarii, fait partie des joueurs reconnus du football polynésien. De ses débuts à Aorai jusqu’aux terrains de Moorea, en passant par Dragon et la sélection de Tahiti, il a sans cesse terrassé les défenses adverses. Entre succès, blessures et ambitions, ce joueur emblématique partage son parcours, ses rêves et son attachement à son île d’adoption, Moorea, pour Hommes de Polynésie.
Aorai, un club formateur mémorable
Manarii Porlier grandit dans un environnement familial où le football est omniprésent. Il fait ses premières armes au sein de son club formateur, Aorai, où il développe rapidement ses qualités techniques.

« J’ai commencé à Aorai et j’y suis resté jusqu’en senior. C’était un vrai club de famille pour moi. Ce club m’a beaucoup marqué. Dans les championnats jeunes, je pouvais courir tout le match et dribbler. Je sentais que j’étais prêt physiquement. C’est là que j’ai compris que je pouvais aller plus loin. »
Son rêve de devenir footballeur professionnel brisé par une blessure
À 16 ans, il est repéré et convoqué par des recruteurs du club de Bordeaux pour effectuer des tests en France, avant de renoncer à partir en raison d’une blessure.
« Ils sont venus me voir jouer à Aorai et m’ont convoqué, car ils ont estimé que j’avais le niveau pour jouer en France et en Europe. Mais avant de partir, je me suis blessé au genou lors d’un match. J’ai beaucoup pleuré, car j’ai su que mon rêve de devenir footballeur professionnel était brisé. Mais je me suis dit qu’il ne fallait pas rester sur cet échec. Je voulais continuer à jouer, même ici, pour représenter mon fenua. C’était est une source de motivation. »

Champion d’Océanie 2012 avec la sélection de Tahiti
Il enchaîne ensuite les succès sportifs dans des clubs comme Excelsior, qu’il emmène en Ligue 1, ainsi qu’à Tamarii Faaa et à Dragon, où il remporte plusieurs titres. Porter le maillot de la sélection de Tahiti, à l’âge de 22 ans, lors de l’OFC Nations Cup en 2012, reste un moment fort de sa carrière.
« Le fait de jouer avec les meilleurs joueurs de Polynésie et de représenter son pays était une grande fierté. Nous avons remporté la compétition, permettant à Tahiti de se qualifier pour la Coupe des Confédérations 2013. Malheureusement, je n’ai pas pu y participer à cause d’une blessure au genou, même si j’aurais aimé affronter l’Espagne, alors championne d’Europe, et ses grands joueurs comme Iniesta, Xavi ou David Villa. »
De Moorea à la Ligue des champions de l’OFC
En 2016, il rejoint le club de Tiare Tahiti et enchaîne également les succès à Moorea avec sa nouvelle équipe. Il obtient même des places d’honneur dans le championnat de Ligue 1 à Tahiti, notamment couronnées par une participation à la O-League ( Ligue des champions de l’OFC) en 2020.

« Depuis mon arrivée en 2016, les équipes ont rapidement compris que j’étais un attaquant dangereux devant le but. Beaucoup de clubs ont alors cherché à progresser pour rivaliser et atteindre un meilleur niveau de jeu. Certaines saisons, il était même devenu difficile d’affronter les autres équipes de Moorea. J’ai apprécié cette évolution, car elle m’a permis de contribuer à l’amélioration du football sur l’île. »
Quand le football fait vibrer Moorea
Bien qu’originaire de Papeete, il a rapidement été séduit par l’ambiance unique du football sur l’île sœur, entre supporters enthousiastes et jeunes admirateurs.
« J’ai tout de suite apprécié l’atmosphère du football ici. Il y a beaucoup de supporters et un véritable engouement dans les stades. Quand je croise les jeunes au magasin, ils sont contents de me voir. Je pense qu’ils me considèrent comme un exemple, et ça me fait plaisir. Cela me donne envie de continuer à jouer. Jouer dans ces conditions est vraiment gratifiant. Aujourd’hui, je me sens bien ici. »
Conquérir la Coupe de France avec Moorea
Après une carrière bien remplie, il rêve désormais d’un défi inédit pour Moorea : qualifier un club de l’île sœur à la Coupe de France.
« Je suis très satisfait de la carrière que j’ai réalisée, mais elle n’est pas encore terminée. Je pense qu’il me reste encore deux à trois ans à jouer. J’ai encore un dernier objectif à réaliser : faire participer un club de Moorea à la Coupe de France. Je sais qu’aucun club de l’île sœur n’a encore participé à cette compétition. J’ai déjà eu l’occasion de le faire avec l’AS Dragon. »

Il conclut en remerciant les personnes qui ont compté dans son île d’adoption : Moorea.
« Je remercie Moana Friedman et sa femme Vaiata ( dirigeants de l’AS Tiare Tahiti) pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. Grâce à eux, je me sens bien aujourd’hui à Moorea. Je leur dois tout. Je voudrais aussi dire un grand merci aux supporters de mon club, mais aussi des autres clubs. Au début, je leur faisais un peu peur sur le terrain, mais aujourd’hui, ils savent quelle personne je suis : humble et respectueuse. Je les remercie de m’avoir adopté ici. »

Rédacteur
©Photos : Toatane Rurua, TNTV pour Hommes de Polynésie
Directeur de publication : Yvon Bardes








