
Keoni Terorotua, le MMA au corps
À 28 ans, Keoni Terorotua est l’un des meilleurs combattants polynésiens de MMA¹. Vice-champion d’Océanie amateur dans sa catégorie, il parcourt le monde pour combattre et devenir toujours meilleur. À Tahiti, il a déjà ouvert sa salle et transmet sa passion aux membres de son club. Portrait d’un combattant qui se bat pour concrétiser ses rêves. Hommes de Polynésie est allé dans sa salle à Paea.
Keoni Terorotua mène l’entraînement. Avec ses élèves, il enchaîne les séries de mountains climbers et de frappes sur le sac. Impressionnant pour les novices de ce sport de combat, qui rassemble à lui seul notamment la boxe, la lutte, le judo ou encore le jiu-jitsu. Keoni coache avec la même intensité qu’il combat. C’est sa nature.
Champion de Moto-cross
Originaire de Tahiti, Keoni Terorotua a toujours eu la passion du sport. Dans sa jeunesse, c’est un sport très différent, qu’il pratique à fond.

« J’ai commencé la moto-cross à l’âge de 9 ans. Mon père était un champion de moto-cross, il nous amenait en famille en faire. J’ai même été champion de Polynésie. J’ai arrêté à 16 ans pour plusieurs raisons. Étant mineur, je ne pouvais pas aller seul sur les sites, et puis c’est un sacré budget. »
La rencontre avec le MMA
Le jeune Tahitien fréquente alors le lycée du Taaone et continue à faire beaucoup de sport, en salle, du cardio, entre 3 à 4 heures par jour. C’est à cette époque que le MMA commence à se faire connaître à Tahiti. Un jour, son cousin veut essayer. Keoni l’accompagne dans la salle du champion polynésien Raihere Dudes.
« Je suis plutôt petit, je voulais apprendre à me défendre, je me débrouillais déjà pas mal. J’ai essayé et cela m’a plu et j’ai commencé à y aller. »
Rapidement, les heures passées à s’entraîner s’accumulent. Keoni commence à participer à des compétitions de lutte et de jiu-jitsu, les compétitions de MMA n’étant alors pas encore autorisées par le gouvernement de la Polynésie française.
Du Pacifique au monde
En 2018, Keoni s’envole pour San Diego pour disputer sa première compétition internationale de MMA.
« J’ai perdu mon premier combat, puis j’ai gagné les deux autres, dont le second en 40 secondes. »

Fort de cette expérience, il part s’entraîner en Nouvelle-Zélande pendant trois mois, à la célèbre salle de City Kickboxing d’Auckland, où officie le coach Eugene Bareman, un grand nom du MMA, qui le suit toujours actuellement. Ensuite direction l’Australie, où il décroche après ses combats une belle troisième place à l’IMMAF, la Fédération Internationale d’Arts Martiaux Mixtes amateur. Sa carrière prend alors de l’élan. Le Tahitien n’en a toutefois pas oublié les études. Après son bac STI2D en architecture et construction, il réussit son BTS en génie civil, puis une licence en information-communication à l’ISEPP.
« J’avais envie de faire autre chose que le bâtiment. La communication me sert pour ma salle, pour ma carrière. J’ai même été chargé de com pour la Délégation pour la prévention de la délinquance de la jeunesse, mais j’ai démissionné avant la fin de mon contrat. »

Alors qu’il envisage de s’inscrire en master de Communication à Montréal, le Covid en décide autrement. Les frontières ferment en 2020 et Keoni change de direction.
Te Aro MMA, transmettre à son tour
« J’ai alors décidé d’ouvrir ma salle Te Aro MMA à 22 ans. J’ai créé une association et j’ai commencé à coacher les jeunes du quartier, les copains et les espoirs du MMA… Cela fait déjà six ans maintenant. »

Tout au long de ces années, Keoni continue de parcourir le monde pour combattre : à Abou Dhabi, aux États-Unis, en Europe, au Japon, en Chine, en Thaïlande, remportant de nombreux combats. En 2024, il décroche même le titre de vice-champion d’Océanie amateur dans sa catégorie Fly weight, 57 kilos.
Deux rêves habitent encore le Polynésien de 28 ans : continuer à transmettre sa passion aux jeunes combattants, et pourquoi pas fouler un jour les arènes de l’UFC², l’élite mondiale du MMA, là où se jouent les plus grands combats de la planète.

« C’est mon objectif. Je suis un compétiteur, j’aime la compétition, j’aime gagner. »
Dans sa salle de Te Aro, il forge l’avenir des champions de demain. Dans les arènes du monde entier, il prépare le sien.
- MMA : Mixed Martial Arts, sport de combat qui rassemble la boxe, la lutte, le judo et le jiu-jitsu.
- L’UFC est la ligue la plus prestigieuse du MMA, à l’instar de la Ligue des Champions pour le football ou la NBA pour le basket.
Rédactrice
©Photos : Pauline Stasi et Keoni Terorotua pour Hommes de Polynésie
Directeur des publications : Yvon Bardes










