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Dans le collimateur de l’homme poisson

Publié le 11 février 2021

Il y a environ dix ans, on pouvait l’apercevoir en train de vendre son poisson sur le bord de route à Papara… C’est d’ailleurs dans cette commune qu’ Hommes de Polynésie vous emmène à la rencontre de ce pêcheur qui vise sa proie à la perfection. Cet amoureux de la pêche a su apporter à celle-ci une petite touche de couleur et une autre vision… qui vous mettra l’eau à la bouche !

Surf, pêche… « je voulais juste être dans l’eau ! »

Également renommée comme destination pour le surf, Hawaii aura sûrement eu une influence sur l’avenir d’Oliver Emsallem, né le 14 mars 1987.

« Mes parents y étaient lors de leur vacances et je suis sorti à ce moment-là. »

C’est dans la maison familiale située à Mahina qu’il s’épanouit, notamment dans la pêche.

« J’avais huit ans quand j’ai pratiqué la pêche avec un puhipuhi1. C’est mon tonton Marcel, mon pilier, qui m’a tout appris de A à Z. »

Le garçon fait ses débuts hors de l’eau en pêchant à la ligne avant de se lancer petit à petit dans les profondeurs avec son fusil.

« Mais je mets tout ça de côté pour me mettre à fond dans le surf. »

À l’adolescence, Oliver troque son fusil contre une planche et passe son temps principalement dans les vagues.

« Je ne vivais que pour ça et je me fichais complètement de l’école ! Je voulais juste être dans l’eau et rien d’autre. »

Les projets d’avenir sur le plan professionnel n’étant pas vraiment aboutis, il se dit « pourquoi pas tenter le métier de steward ».

« On se disait à l’époque que c’était un boulot plutôt ‘confortable’ et je ne pouvais absolument pas m’imaginer rentrer dans le système métro boulot dodo. Hors de question. »

Mais de fil en aiguille, il se retrouve tout naturellement, à vingt ans, à pêcher avec un ami proche.

« Hoarai ! C’est grâce à lui que je m’y suis remis à fond ! »

Ensemble ils aiment découvrir et comprendre de nouvelles techniques.

Comme une suite logique

Trois ans après, le voici se tenant accoudé à son présentoir, à l’entrée du quartier de son nouveau chez lui à Papara.

« J’ai adoré être sur le bord de route ! C’est de cette façon que je me suis rapproché des habitants de la commune. Et je les apprécie beaucoup. »

Avec une forte demande de poisson à l’appui, Oliver a un déclic.

« Les clients voulaient du poisson que l’on trouve difficilement, et j’avais remarqué que mes amis et moi-même avions quelques aptitudes. Du coup j’ai commencé à me professionnaliser. »

Il obtient son tout premier bateau, part à la découverte de nouveaux endroits et pousse au mieux sa méthode.

« Et je continue sans relâche jusqu’à pouvoir m’offrir un deuxième bateau. »

Dans cette odyssée, il tombe nez à nez avec une sirène…

« Nanihi est sans conteste ma plus belle prise ! »

Olivier et Nanihi

Le pêcheur initie sa belle à sa passion. Ils ne se quittent plus.

« Elle plonge, elle tient le bateau avec lequel elle me suit. Elle m’aide énormément. »

Et quant aux préparatifs,

« C’est toute une organisation. Ça commence une semaine avant le départ sur l’eau ! »

C’est-à-dire qu’il faut constamment surveiller la météo, prévoir le nombre de personnes et la quantité de ration alimentaire, vérifier le matériel, revoir les réparations du bateau, etc.

« Le jour J, à l’aube, on récupère la glace, on met de l’essence et c’est parti. »

Les « grosses sorties » peuvent durer jusqu’à trois jours

« On dort dans le bateau à la belle étoile… »

Oliver est observateur de son élément qu’il partage alors sur les réseaux sociaux.

« J’utilise ces plateformes pas seulement pour promouvoir mon activité sur l’aspect business mais aussi sur la beauté de ce qui est devenu mon terrain de jeu. »

Grâce à cela, il attire plusieurs sponsors étrangers.

« J’ai la chance aujourd’hui d’être entièrement couvert pour la pêche, car ça coute très cher. J’ai beaucoup galéré au début à cause de ça. »

Miam !

À 33 ans, le pêcheur commence à ressentir des difficultés physiques et se préserve en innovant.

« Avec ma femme, nous adorons cuisiner. Donc dans le but de moins pêcher, j’ai décidé de mettre de la valeur ajoutée à mon produit. »

Sashimi de va’u2, sandwich au ume3… et autres plats élaborés « d’une autre façon que les classiques au four ou au barbecue. »

« Et puis je me suis lancé dans la plantation de pitaya depuis quelques mois. On pourra peut-être faire quelque chose avec… En tout cas tout est fait maison chez nous, et ça marche bien ! »

« Ce n’est pas l’eau que j’aime, mais la mer, l’océan. » Ce vers tiré d’un poème de Charles Baudelaire définirait bien le quotidien qu’Oliver embrasse à chaque fois qu’il plonge dans le grand bleu. Il peut être fier de ce qu’il est devenu, à l’image de son tonton Marcel, parti il y a un an, à qui il rend hommage pour son don de soi et son dévouement aux personnes qui l’entourent.

« Je garde toujours du poisson pour les gens du quartier. Et ça me fais tellement plaisir de savoir que des familles se nourrissent grâce à nous. Je suis toujours autant ému quand je reçois des photos avec un mot de remerciement. »

Tonton Marcel et sa fille

¹ Fusil (sous-marin)

² Thon blanc

³ Poisssons de la famille des acanthuridés (Poisson chirurgien /Nason/Poisson licorne)

Vainui Moreno
Rédactrice web

© Photos : Olivier Emsallem Hommes de Polynésie

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