
Kian Mercure, un esprit libre qui danse à son propre rythme
Artiste, DJ et créateur, Kian Gralepois, dit Kian Mercure, suit les vagues de ses inspirations. Entre l’océan, les voyages et la musique électronique, il construit un univers où la liberté, l’authenticité et le partage règnent en maîtres. Rencontre avec Hommes de Polynésie.
CRÉER POUR EXISTER
Depuis l’enfance, la création occupe une place centrale dans la vie de Kian Mercure.
« J’ai toujours aimé l’art, la musique, faire des vidéos aussi, créer une vibe sur une image, c’est toujours ce qui a animé mon esprit. Le surf aussi, c’est sûr, je suis né proche de l’océan. Tu es connecté à la nature et à toi-même, ça te permet de mieux savoir ce que tu veux dans la vie. »

À 17 ans, il s’envole pour la ville de Bordeaux afin de poursuivre des études dans l’audiovisuel. Cependant, le destin a d’autres projets en tête.
« J’adore apprendre, mais je ne voulais pas être dans une classe pendant 7 heures à écouter un gars avec qui je ne suis même pas d’accord. »

Curieux et audacieux, il choisit un chemin différent des parcours traditionnels, privilégiant l’expérience à l’académique. Pour Kian, créer revient avant tout à provoquer une émotion.
« J’aime bien cette idée de créer quelque chose qui te fait vivre le moment. »
À LA DÉCOUVERTE DE NOUVEAUX HORIZONS
Animé par cette envie d’explorer, il parcourt l’Hexagone à la recherche de rencontres et de sensations.
« La France, ça m’a vraiment ouvert l’esprit, ça m’a changé. »

Après deux ans à se découvrir lui-même loin de chez lui, le mal du pays se fait sentir. Malgré les opportunités florissantes, il rentre à Tahiti. Mais cette passion du voyage ne le quitte pas.
« Quand je suis allé à Bali, une agence de mannequinat m’a contacté et j’ai signé pour eux. Quand je suis là-bas ils proposent mon profil à des marques et si elles sont intéressées je pose pour elles. »

LA MUSIQUE COMME LANGAGE UNIVERSEL
C’est finalement sur scène, derrière les platines, qu’il se reconnecte à sa créativité.
« J’ai commencé à mixer et je suis tombé amoureux de l’électro, ça m’a piqué ! Je ne suis pas devenu DJ pour être DJ. Je suis juste tombé amoureux de la musique. J’étais obligé d’en jouer. »
Une approche artistique guidée par un désir irréfutable de partage et non par la volonté d’imposer une vision.


« Je n’ai pas envie d’influencer les gens. C’est pour le love que je fais ça ! »
Rapidement, Kian Mercure se fait une place dans le monde de la nuit.
« J’ai la chance d’être libre et grâce à mes rencontres j’ai pu mixer en Australie, à Bordeaux et ses alentours, à Bali, en Nouvelle-Calédonie… C’est pour ça que j’y crois et que j’ai envie d’être au bon endroit, au bon moment. Ici c’est un peu compliqué, il n’y a pas trop d’électro. C’est pas très poussé, c’est souvent commercial. Et moi, c’est vraiment minimal, c’est underground… »
Suivant ses propres règles, il crée le concept Surfing Aliens en 2024. Des soirées animées par l’énergie et la musique électronique, où règne la liberté d’être soi, en dehors des codes préétablis.

« La musique, c’est un peu comme si les aliens nous envoyaient un message, et nous on danse dessus. C’est un langage universel qui nous connecte tous. »
FAÇONNER SON PROPRE CHEMIN
« Dans ma vie, je fais confiance aux signes. Rien ne se crée par hasard. Toutes les personnes que tu croises ont un message à te faire passer. »
Le voyage fait partie intégrante de cette philosophie : oser, découvrir, ressentir.

« Dès qu’un endroit m’appelle et que les étoiles s’alignent j’y vais, je prends le risque pour ne pas perdre la chance. »
Malgré les horizons parcourus, il reste profondément attaché à ses racines.
« Dans tous les endroits, il y a des avantages et des inconvénients. Ici, on est à Tahiti, c’est le paradise. »
CÉLÉBRER L’AUTHENTICITÉ
À travers son parcours, Kian Mercure défend surtout une autre manière d’envisager la réussite : être soi-même, créer et profiter du présent.
« Faut aimer aujourd’hui. Faut aimer tout ce que tu fais. Faut pas regretter. Faut vivre. Parce qu’on n’a pas le temps. Il ne faut pas attendre le perfect timing, c’est à toi de le créer si tu le ressens. Ceux qui jugent, c’est ceux qui ne font pas. »

Envers et contre tout, il défend l’acceptation des contrastes et le refus des cases.
« On est tous différents, il n’y a pas de normalité. »
Car pour lui, l’essentiel reste de vivre pleinement l’instant qui nous est offert.

« C’est bien de penser au futur, mais tout ce qui existe, c’est le présent. »

Rédacteur
©Photos : Cartouche Louise-Michèle et Kian Mercure pour Hommes de Polynésie
Directeur des publications : Yvon Bardes






