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Tendances

DJ Vaki, faire danser les lieux et relier les mondes grâce au collectif Temae Records

Publié le 25 mars 2026

Passeur de sons et de générations, Toriki, connu sous le nom de DJ Vaki, navigue entre dancefloor et salle de classe avec la même exigence : le partage. Depuis près de vingt ans, il façonne une scène électronique ouverte, sensible aux lieux et aux rencontres. Un parcours guidé par l’écoute, l’amitié et le plaisir de vibrer, ensemble.

PREMIERS BATTEMENTS

Chez Vaki, la musique arrive tôt. Elle ne s’impose pas comme une vocation spectaculaire, mais comme une évidence progressive. Très jeune, il observe, écoute, capte les ambiances. La sono devient un terrain de jeu, puis un terrain d’apprentissage.

« J’ai un grand frère de 7 ans mon aîné. Quand j’étais petit, je mettais déjà la musique à des fêtes de personnes plus âgées. »

Ce goût du rythme et de la sélection ne le quitte pas. Après son bac, le jeune homme quitte son île natale et s’envole pour l’Hexagone afin de poursuivre ses études.

« À Paris, je suis tombé amoureux d’un magasin de vinyles, j’y passais tous mes temps libres. »

CRÉER UN ESPACE DE PARTAGE

En 2008, avec son ami Denis Grosmaire, ils montent le label-collectif Temae Records.

« L’idée, c’était de proposer de la musique électronique dans des beaux cadres. »

Inviter, collaborer, croiser les univers : Temae Records se construit comme un espace où la musique devient prétexte à la rencontre.

« Je n’ai jamais été d’un clan. C’est le partage qui me fait kiffer ! »

LE DANCEFLOOR COMME SCIENCE SENSIBLE

Derrière les platines, le geste peut sembler simple. Pourtant, c’est un réel ouvrage qui s’établit, entre professionnalisme et instinct.

« Les gens disent que c’est mettre une clé USB et faire tourner, mais y a quand même une science du dancefloor, de voir à quel moment mettre tel morceau. C’est pour ça que les sets préétablis ne sont jamais efficaces. »

Le DJ devient traducteur d’émotions collectives. Rien n’est figé, tout se construit dans l’instant. Vaki mixe en live, réceptif à l’énergie du public.

« Produire, faire ses morceaux et surtout, ne pas être cloisonné à un style. Il faut trouver sa voix musicale, mais il faut être ouvert aux autres influences. »

MOOREA, POINT D’ANCRAGE

Malgré les opportunités, Vaki reste profondément attaché à son territoire.

« J’organise mes événements une fois tous les 3 mois, surtout à Moorea parce que j’aime mon île et que le cadre y est exceptionnel. »

Moorea n’est pas seulement un décor, c’est un rythme, une respiration.

« J’ai la chance d’avoir ici des propositions de warm-up de DJs internationaux que j’adore. »

Ces rencontres nourrissent son parcours sans le détourner de l’essentiel. Les propositions à l’étranger existent, mais elles ne sont pas une obsession.

« J’ai des propositions, mais ce n’est pas un objectif en soi. Je sais que si je vais en France, en Allemagne ou en Nouvelle-Zélande, j’aurai un coin où mixer, parce qu’on a créé des amitiés avec certains DJ. »

DEUX VIES, UN MÊME ENGAGEMENT

La semaine, lorsque les platines sont éteintes, c’est en salle de classe que la passion de Vaki s’exprime autrement.

« Je suis prof d’Histoire-géographie au Diadème et de Civilisation polynésienne à l’université. Ma double casquette schizophrénique ! »

Deux univers qui, loin de s’opposer, se répondent.

« Être au contact des jeunes de la scène électronique, ça me donne de la motivation. Ça me rebooste. J’ai vraiment l’équilibre parfait. »

Et pour tenir le rythme, il s’appuie sur des piliers solides.

« Ma charge de travail et de musique, je ne pourrais pas les faire si je n’avais pas mes moments de sport, le soutien de la famille et de ma chérie aussi. Au début, elle voyait ça comme un frein au couple, puis j’ai intégré ma femme au projet. Elle fait partie de l’organisation du collectif. Elle est à la déco, aux entrées, elle me donne des conseils, etc. Elle est importante. »

LA MATURITÉ EN MOUVEMENT

« On va fêter les 18 ans de Temae Records en juillet, à la Brasserie Hoa, comme chaque année. L’âge de la maturité, est-ce que c’est l’âge d’arrêter ? Je ne suis pas sûr… »

Une longévité rare, portée par des amitiés fortes.

« Sam, mon binôme, est incroyable. Ça a commencé parce que j’avais reçu de sa part un des plus beaux messages qui disait qu’il adorait ce que je faisais. On ne s’est plus jamais lâchés, ça fait plus de 10 ans. »

En mars 2026, ces partenaires de longue date s’apprêtent à fouler pour la 5e fois la scène du Tiki Fest.

« On va faire de notre mieux, comme d’habitude ! On va prendre du plaisir sur une grosse scène. Ça, c’est intéressant ! »

Cartouche Louise-Michèle Photographe Tahiti

Cartouche Louise-Michèle

Rédactrice

©Photos : Temae Records, Mx Photography pour Hommes de Polynésie

Directeur des publications : Yvon Bardes

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