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Société

Maratai, un homme dans le feu de l’action

Publié le 24 avril 2020

Intrépides les anciens navigateurs polynésiens ? Assurément ! En tant que digne hériter, Maratai Teihotaata ne le sait que trop bien : « celui qui attend que tout danger soit écarté pour mettre les voiles ne prendra jamais la mer».  Hommes de Polynésie est allé à la rencontre de cet entrepreneur dans l’âme qui, depuis un mois, agit au sein de la Cellule de crise Covid-19 de Polynésie française.

Tombé dans la marmite des « hommes d’action » dès son plus jeune âge

Né à Papeete en 1990 d’une mère originaire de Moorea et d’un père de Bora Bora, Maratai garde une forte empreinte de sa grand-mère paternelle, qui n’hésite pas à quitter son île pour s’occuper de son petit-fils.

« Ma grand-mère, c’est la femme qui m’a guidé jusqu’à mes 14 ans. Elle a ancré en moi les valeurs de la famille, de partage mais aussi d’amour. »

Adolescent, Maratai découvre le monde associatif avec la troupe Tamarii Tipaerui et commence à œuvrer au sein de l’Union Polynésienne pour la Jeunesse (UPJ). C’est une révélation. Fédérant plus de 60 associations de Jeunesse et d’Education Populaire, l’UPJ touche directement les jeunes du Fenua par des actions et des projets tels que le UPA NUI, la Journée Internationale de la Jeunesse…

« Dès 14 ans, j’ai participé activement à leur dynamique de façon bénévole. J’ai commencé au bas de l’échelle et rapidement été coordinateur de soirées UPA NUI. À 19 ans, j’ouvre ma patente pour être prestataire événementiel et commence également à travailler pour le Pays. »

Après un bac technologique en comptabilité, un BTS Management des Unités Commerciales, alors qu’il avait prévu de poursuivre en licence, une opportunité s’offre à Maratai.

« J’ai été appelé à prendre la direction de l’UPJ. »

Tout jeune directeur, après 2 ans à œuvrer pour la jeunesse, Maratai et sa vahiné décident en 2015 d’aller vivre à Bora Bora et se lancent dans le tourisme. Trois ans après, le besoin d’être dans le feu de l’action le rattrape et le pousse à revenir mener plusieurs grands événements sur Tahiti.

Savoir s’entourer, un impératif dans le monde de l’entrepreneuriat

Très sollicité par le Pays, Maratai fait partie des prestataires appelés pour organiser de grandes manifestations.

« Manouche Lehartel m’a beaucoup orientée dans mon parcours, en devenant comme un mentor pour moi dans ce milieu. J’ai eu le grand plaisir de grandir avec son fils, Tuarii Tracqui. »

Récemment, en binôme avec sa collègue Typhaine, Maratai a monté le dossier de candidature de la Polynésie française pour recevoir les jeux olympiques de Surf à Teahupoo, validé par Paris 2024 et le Comité International Olympique. 

« Derrière chaque Aito, il y a une Vahine ! »

Maratai peut aussi compter sur le soutien de sa femme, Nanihi Sacault, médaillée d’or du conservatoire artistique de Polynésie en Ori Tahiti et lauréate du prix Apipiti lors du dernier Hura Tapairu.  

« Selon les projets, il y a plusieurs équipes mises en place. Avec l’expérience, on sait les besoins de chaque projet pour être le plus efficace possible. Le mot d’ordre c’est s’adapter et avancer ensemble. »

En 2018, Maratai est chargé de mission pour la ministre de la Jeunesse et des Sports, Christelle Lehartel. Il est aussi détaché pour les grands événements du Pays. Depuis un mois, Maratai fait partie de l’équipe de la Cellule de crise Covid-19 de Polynésie française, au sein de la Présidence.

Se donner la liberté de se dépasser

« Depuis le début de la crise, nous nous attelons à mettre tout en œuvre afin de protéger au maximum le fenua. Je n’ai vu ni ma fille, ni ma femme pendant un mois. Je me suis auto-confiné avec mes collègues. »

Chargés avec son équipe de trouver et de gérer les logements pour confiner les personnes revenant de l’étranger, les touristes en transit en attente d’un vol retour, les personnes atteintes du coronavirus, Maratai et son équipe tiennent bon et restent optimistes.

« C’est difficile pour beaucoup de monde, ceux qui perdent leur travail, pour les PME… Je vois la détresse des gens. La critique peut être facile et en même temps très dure sur les réseaux sociaux, mais on arrive à avancer. Il nous faut agir ensemble. »

Dans un monde qui évolue très rapidement, la faculté d’adaptation est primordiale. Là où d’autres ne verraient que des problèmes, Maratai y voit aussi des opportunités. Son histoire, c’est celle d’un faiseur, pas d’un rêveur.

« Nous vivons dans le plus beau pays du monde. Travailler pour le bien de ma famille, pour mon Pays, restera ma voie. On voit une lueur d’espoir avec la solidarité polynésienne. Les différents collectifs mis en place nous prouvent qu’ensemble, on peut réussir.  Stop chalala & Action ! »

1 Citation de Thomas Fuller

 

Tehina de La Motte
Rédactrice web

© Photos : Maratai Teihotaata

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