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Société

Christopher, pourvoyeur de la Polynésie

Publié le 23 avril 2021

La cave à savons, les légumes bio locaux ou la dernière boombox… Si vous trouvez ces références dans les rayons, c’est notamment grâce à Christopher WONG CHOU et ses équipes. Il est directeur d’exploitation de la centrale d’achats CEDIS (société Wane) et une grande partie des denrées de Polynésie transitent par lui. Il explique à Hommes de Polynésie son métier de logisticien et nous ouvre les yeux sur cette profession méconnue.

La force des convictions et des valeurs

C’est à l’âge de 34 ans, ayant passé la moitié de sa vie en dehors du fenua, que Christopher décide de rentrer en Polynésie. Après des études d’ingénieur à l’école centrale de Lyon et en Australie, ses deux premières expériences professionnelles vont apporter un solide socle à son parcours dans la logistique. La première, dans une société de consulting, lui a appris la force des convictions.

« Il est primordial de savoir dans quel but on avance. On peut partir de convictions pour les éprouver ensuite. Il ne s’agit pas de laisser les statistiques prendre la main ! »

Deuxième opportunité dans le prêt-à-porter, chez Hermès. En passant manager pour cette marque de luxe, il prend conscience de la force des valeurs. Un véritable ciment pour l’entreprise.

« Quand une marque est au clair avec ce qui constitue son ADN, elle emporte avec elle l’adhésion de toutes les équipes. Cela donne un très fort degré d’exigence, à tous les niveaux. »

Dans l’entrepôt de 12000 mètres carrés

Fort de ces expériences, il se sent alors prêt pour le troisième chapitre de sa vie, avec l’envie « d’apporter enfin sa touche ».

Anticiper le quotidien de demain

De retour au fenua, c’est en tant que directeur d’exploitation de CEDIS, la centrale d’achats des enseignes Carrefour, Champion et Easymarket, qu’il officie. 30 000 références par an, 12 000 mètres carrés, une trentaine de containers par semaine, la centrale est le premier fournisseur de la Polynésie. Un sacré challenge pour Christopher.

« J’aime cet aspect de mon travail, c’est une partie très concrète. On entre d’une certaine manière dans le quotidien des gens. Il y a une prise de risque car les commandes engagées aujourd’hui arriveront sur Tahiti dans 3 mois. »

Il faut donc une bonne part d’intuition pour dénicher les nouvelles tendances et les anticiper. Un coup de poker ? Pas vraiment puisque les décisions sont prises de façon collective. Pour les équipes de Christopher, chaque dossier est une aventure semée d’embûches pour arriver en rayon au bon moment, au bon prix et en bon état.

« La gouvernance nous permet d’articuler nos convictions, nos valeurs, avec la réalité du marché. Les magasins, au plus proche des consommateurs, font remonter les informations. L’humilité est alors essentielle pour prendre en compte toutes les tendances et avancer ensemble. »

Même approche avec les fournisseurs. Les spécificités du marché polynésien imposent une stratégie particulière. Avec 290 000 habitants, la Polynésie représente un marché relativement serré pour les fournisseurs.

« En local, l’offre est restreinte. Et avec nos délais de latence de livraisons, la petite taille de notre marché, les fournisseurs extérieurs sont hésitants. On doit donc construire une stratégie de confiance et sur le long terme avec eux. »

Une vision qui contribue à amener de la reconnaissance dans le travail des équipes de Christopher.

« La logistique, c’est le bras armé de l’entreprise. Mais c’est un métier de l’ombre. Je cherche donc constamment à fédérer les équipes autour de projets moteurs, afin de les embarquer dans la conduite du changement. »

Avec Olivier Saillard, directeur logistique

Act for fenua

Et parmi ces projets moteurs, le développement durable est au premier rang. Avec le programme « Act for fenua », les différentes entités du groupe Wane visent à contribuer à améliorer le mieux-manger, agir pour la communauté et préserver l’environnement.

« Notre entreprise a la maturité suffisante pour prendre conscience de son impact sur l’environnement et faire sienne le credo “paruru te natura“. »

De cette ambition découlent de nombreuses actions. A son niveau, Christopher source désormais plus de produits locaux, végétariens, retire les références de vaisselle en plastique…

« Je suis d’autant plus actif dans ce sens que ces démarches font écho à mes propres valeurs. C’est important pour moi d’être en phase avec mon métier ».

L’ouverture d’esprit, de génération en génération

Et c’est justement pour être en phase avec ses valeurs que Christopher a souhaité rentrer en Polynésie après de longues années à l’extérieur.

« Suite à la naissance de mes enfants, Manatea et Hoanui (7 et 4 ans), je ne me voyais pas rester loin du fenua. Je ne voulais pas qu’ils parlent de daurade coryphène à la place de mahi-mahi! Tout cela fait partie intégrante de moi et je voulais le transmettre. »

Avec Manatea et Hoanui

Ses deux garçons sont ainsi la cinquième génération de la famille sur Tahiti. Pour Christopher, la Polynésie, c’est le sourire en toute circonstance, un attachement au fenua et un détachement face aux peapea.

« Ici, on n’est pas stressé même si mes cheveux blancs me trahissent parfois (rires). Surtout, on ne cherche pas à tout maîtriser à tout prix. »

Un art de vivre qu’il ne délaisserait désormais pour rien au monde, même s’il ne regrette en aucun cas ses séjours à l’étranger.

« Avoir vécu hors de Polynésie me permet de savourer pleinement le bonheur d’être ici après avoir vu ce qu’il était possible d’accomplir ailleurs. »

La logistique, un métier pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux

Marion BOIS
Rédactrice web

© Photos : Christopher WON CHOU et Marion BOIS pour Hommes de Polynésie

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