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Portrait

DÉCOUVREZ VOS ANCÊTRES GRÂCE A LOUIS !

Publié le 9 mai 2020

   Connaissez-vous vos ancêtres ? Certains un peu, d’autres pas du tout. Hommes de Polynésie vous invite à découvrir le portrait de Louis SHAN SEI FAN, un généalogiste passionné qui reconstitue depuis près de 20 ans toutes les familles chinoises et polynésiennes existantes.

CHINOIS LOCAL A 100%

 Louis est un pur Chinois de Tahiti. Son ascendance le montre bien, et ce n’est pas à un généalogiste expérimenté comme lui qui prouvera le contraire. Ses grands-parents sont tous de Chine. Ils sont arrivés à Tahiti et s’y sont installés, donnant naissance à Tchun Sun et Augustine, les parents de Louis.

Né en 1945 à Papeete, notre généalogiste est bien avec les siens. Comme  dans toutes les familles, il y a des hauts et des bas, mais les disputes ne durent pas, car l’entente finit toujours par revenir.

Louis baigne dans une double éducation : chinoise en famille et française à l’école. Il fait toute sa scolarité à l’école des Frères, puis au collège et lycée Paul Gauguin. Avec un BAC C[1], il s’oriente vers des études en informatique qui l’envolent vers la France, à Orsay.

[1] Bac S aujourd’hui.

Une fois le diplôme en poche, il travaille pendant 5 ans en métropole au « Crédit Lyonnais », qui possédait les plus gros systèmes informatiques à l’époque. En 1975, il décide de revenir à Tahiti .

DE L’INFORMATIQUE A LA GENEALOGIE

De retour au fenua, Louis poursuit en tant qu’informaticien à « ISIS and Spin ». Au bout de 20 ans, il décide d’arrêter et se réoriente vers la généalogie.  

« Quand je me suis intéressé à la généalogie, cela me semblait intéressant, comme un puzzle : on assemble des personnages, on fait des liaisons, on les met bout à bout, et on s’aperçoit qu’au bout d’un moment, on voit le paysage se dessiner. C’est ludique. »

C’est ainsi que notre matahiapo voit tous ces arbres et schémas impressionnants – vision d’autant plus originale qu’il compare aussi la généalogie à la gestion d’une base de données.

Nous pourrions penser que retracer ses origines n’est qu’un loisir de retraité. Mais c’est loin d’être le cas.

« C’est ingrat. Et il y a beaucoup de gens qui s’enthousiasment au début, puis un an ou deux après, lâchent. »

C’est en autodidacte que ce Chinois de Tahiti s’est formé et qu’il nous offre aujourd’hui toutes ces rosaces pleines de couleurs qui nous permettent de découvrir les lignées chinoises et polynésiennes des siècles passées.

Curieuse passion, mais passion ô combien utile aux Polynésiens de nos îles ! En effet, Louis reçoit des retours positifs des gens qui viennent le voir, montrant que sa passion aide à contribuer grandement à la Polynésie :

« Tout le monde est d’ici. A priori, ceux qui connaissent leurs racines semblent mieux vivre, plus équilibrés. C’est ce qu’ils me disent. Alors que s’ils ne les connaissent pas, ils sont entre deux chaises. Ils ont du mal à choisir leurs convictions.  »

Mais ce travail bénéfique pour nous est infini. C’est pourquoi Louis est toujours heureux de partager avec des gens qui ont eux-mêmes constitué leur généalogie. Car le travail de notre généalogiste passionné est loin d’être parfait, et a besoin de la contribution d’autres personnes qui ont effectué des recherches.

« J’aime bien rencontrer des gens qui ont déjà fait un travail. Il faut que j’améliore encore ma base, et ça, c’est un travail permanent. Ca ne s’arrêtera jamais. »

LES PETITES CHOSES SIMPLES DE LA VIE

Tout ce travail de généalogie est entre les mains d’un homme plein de sagesse et de détachement. Ainsi, il ne se définit pas par des qualités et des défauts éternels, car nous pouvons adopter différents comportement à des moments différents. Sa plus grande peur ? Aucune, car la peur est inutile et qu’on la ressent uniquement quand on accorde de la valeur aux choses.

Si sa vision de l’Homme polynésien d’aujourd’hui peut faire l’objet d’un livre, notre généalogiste entame ainsi sa pensée :

« Le Polynésien d’aujourd’hui est quelqu’un d’ouvert, de perméable à toutes les cultures, qui a digéré toutes les cultures, et qui est à l’aise dans toutes les cultures. Mais d’un autre côté, on mélange tout, on évoque tous les penchants de chaque aspect culturel. »

Enfin, si on lui demande ce qu’il aimerait qu’on dise de lui une fois mort, notre matahiapo  chinois répond qu’il vaut mieux mourir pour des idées plutôt que pour une image :

« Une fois qu’on est mort, on va pas agir pour la postérité. On agit pour soi d’abord. L’image que tu laisses, puisque tu n’es plus là, quelle en est l’importance ? »

[1] Bac S aujourd’hui.

Joachim Laugeon
Rédacteur web

© Photos : Louis Shan Sei Fan

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