Site de Femmes de Polynésie Hommes de Polynésie

Je passe
d'un site à l'autre

Portrait

Antonino, « homme à tout faire » de la Présidence de Polynésie française

Publié le 30 avril 2020

Riche ou pauvre, d’un bord politique ou de l’autre, la vie est pour tous un apprentissage. Certains apprennent des leçons sur les bancs de l’école puis passent des examens. D’autres ne se sont pas attardés dans les salles de classe, mais ils sont passés par les épreuves de la vie qui leur ont enseigné des leçons. C’est le cas d’Antonino Pou, un homme habile, adroit, doué de sens pratique. Hommes de Polynésie est allé à la rencontre de cet « homme à tout faire », un homme embauché pour régler les problèmes.

A l’école de la vie depuis sa plus tendre enfance

Né aux Tuamotu, en 1967 sur l’île de Takaroa, Antonino grandit à Tahiti.

« Mon parcours à l’école n’est pas fameux. J’ai quitté l’école à 11 ans pour commencer à travailler dans le bâtiment. Avec mon gabarit, à l’époque, ça n’a pas posé de problèmes. »

C’est en tant que manœuvre bâtiment qu’il débute, sans qualification particulière. Il aide les ouvriers plus spécialisés à accomplir diverses tâches.

« Ferrailleur au début, puis aide-maçon, je m’occupais du ciment, des parpaings. J’ai fait ça jusqu’à mes 17 ans. Je gagnais 3 600 Francs par mois à l’époque. »

À 48 ans, Antonino reçoit son diplôme de CAP/BEP d'agent d'entretien du bâtiment

Il sera ensuite livreur au Comptoir Cécile, partira en mission religieuse deux années durant, vivra de coprah, pêche et d’artisanat avec la confection de nattes sur son île de Takaroa. Puis il s’investira dans le scoutisme, pour ensuite rencontrer sa femme.

« Revenu à Tahiti, c’est là que j’ai rencontré mon épouse. Aujourd’hui nous avons 3 enfants de 25, 22 et 21 ans. Je m’étais mis à mon compte à 27 ans : maçonnerie, travaux en tous genres. »

Antonino en famille

Un ouvrier polyvalent, compétent et fiable

« Je suis arrivé dans l’administration en 2007. J’y suis resté jusqu’à aujourd’hui. »

Dorénavant responsable technique à la Présidence de Polynésie française, Antonino a travaillé tour à tour pour les présidents Gaston Tong Sang, Oscar Temaru, Gaston Flosse et Édouard Fritch.

Mise en place d'un stand pour représenter la Polynésie

« Je suis polyvalent, je fais de tout. Je m’occupe des problèmes d’électricité, de sanitaires, des bâtiments, et je répare. »

Avec ses deux agents techniques, Herman Paint-Kiou et Johani Timo, Antonino reçoit les travaux à faire de son chef Heifara Pollock et se met au travail.

« Je suis parti en mission pour monter les stands de la Polynésie lors de la foire agricole de Paris et des Floralies de Nantes. Je suis aussi dans la cellule d’événements : Noël, jour de l’an chinois, 29 juin… Nous avons mis en place les sapins de Noël du Parc Paofai et Aorai Tini Hau. »

Un des membres de la cellule de crise Covid-19

« J’aime beaucoup l’ambiance, elle est merveilleuse. On est unis dans notre travail, même s’il y a des hauts et des bas. »

Antonino et une partie de l'équipe de la cellule de crise Covid-19 de la Présidence de PF

Confiné pendant un mois au travail avec une équipe de 15 personnes, Antonino s’occupe de l’entretien des logements, du ravitaillement, et des transports des personnes mises en quatorzaine. En service de 6h30 jusqu’à parfois 21h depuis le début de la période de confinement, il pense à sa famille.

Antonino masqué face à la Présidence de PF

C’est l’école de la vie qui a appris à Antonino à être autodidacte, à développer ses compétences dans de nombreux domaines afin d’être capable d’exécuter plus que des réparations juste générales. Le covid-19, démiurge du chaos ambiant, pourrait ne pas avoir raison des audacieux qui hissent leur voile contre vents et marées. La capacité d’adaptation de chacun et des organisations serait-elle désormais la clé?

Tehina de La Motte

Rédactrice web

© Photos : Antonino Pou – Maratai Teihotaata – Toihoa Pautu

Partagez Maintenant !