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Évasion

Tahitensis, le lingot noir de Moana, l’ambassadeur du prestige !

Publié le 31 décembre 2019

C’est l’histoire d’un homme sauvé par une fleur. Moana Teriitahi nourrit sa passion pour la Tahitensis, cette orchidée qui produit la vanille de Tahaa, depuis l’âge de 9 ans. Comme elle, Moana est un hybride né à Tahiti, excepté qu’il a été abandonné. Sa rencontre avec la Vanille va transformer son existence au point de le réconcilier avec sa terre, qu’il a été forcé de quitter pour de meilleurs horizons…Hommes de Polynésie. a trouvé son conte de Noel. 

Tamarii Pinex

Elle aurait pu servir de scénario à une série familiale télévisée, tant l’histoire de Moana Teriitahi est riche en rebondissements. À commencer son abandon en 1969. 5e d’une fratrie de 10 enfants, Moana est séparé de sa famille biologique quelques jours après sa naissance et adpoté par une famille marquisienne. Il grandit à Vaitahuri, puis à Atiue sur Punaauia, entre quatre tôles et des ‘“pinex ”‘(1).

“Je n’avais aucune idée de qui j’étais et d’où je venais. ”

Tant bien que mal, Moana se construit au milieu de ce second foyer soumis au diktat de la matriarche, Madame Teiefitu…le jeune Moana bénéficie néanmoins de la protection de sa sœur adoptive, Tuarei Eta Ebbs. Elle représente à ses yeux d’enfant LA figure maternelle pour le reste de sa vie. A sa disparition, Moana se consolera auprès de ses seuls amis, Opahi et Maui… des anguilles.

“Gare à ceux qui venaient les pêcher !”

Avec ses anguilles il y a ses voisins : les époux Tamui. Ils endosseront le rôle d’« éducateurs spirituels ». Pour récompenser ses bons résultats scolaires ils lui offrent l’opportunité de renouer avec son île natale : Taha’a. Là-bas, la notion d’insulaire prendra tout son sens. A  Te One a Puta, dans la baie de Hurepiti, il s’initie aux us et coutumes des Raromatai grace à ses rencontres.

« Vahine Tea, ma rencontre d’outre-tombe, ce vieil homme sage et son Fare protecteur du Puna ei’a, et le « Fakito te vanira » (2) dans les champs de vanille. »

Rencontre avec la Tahitensis

Les parfums subtils du café, dans les plantations ou fraîchement moulu, ou encore les plantations de vanille, les parcs à poissons, les parfums de la cosse de vanille torréfiée sur ce poêle, maintenue par 2 barres de fer noircies par le temps, le son du crissement du moulin à café, les biscuits SAO, les pirogues à voile ou à moteurs, le solex, la pêche du rama rama…Taha’a c’est tout ça et plus encore… comme la Tahitensis.

“Marier la vanille, le début de mon apprentissage aux aurores sur Tahaa. Après le taofe (3), on partait traversant le sous-bois de purau (4) et on grimpait la colline abrupte où j’avais toujours la charge de fakito les fleurs d’orchidée écloses proches de la tanière de Vahineatea.”

De retour à Punaauia, la vie est de moins en moins angélique à tel point que Moana est confronté à la jalousie de certains membres de sa famille, et se retrouve à la rue. Le va -nu -pieds trouve refuge dans la spiritualité auprès de l’église protestante de sa commune. Sa rage de vivre pousse Moana à continuer et à se raccrocher à ses études. 

 “Après le lycée, j’ai bénéficié de l’AUSAID, une bourse attribuée par le gouvernement australien en rapport avec l’océanisation des cadres.”

L’aventure entrepreneuriale

A l’aventure estudiantine australienne succède le lancement de deux projets : une galerie d’art à Moorea et une conserverie, “Le Manava Taha’a carte gourmande”, qui signe ses retrouvailles avec Taha’a. Pour des raisons de santé, Moana est contraint de suspendre cette activité et investit ce qui lui reste dans ce qu’il espère être“ une belle affaire” : la Vanille. 

“C’est le Déclic ! ”

Moana se donne les moyens de tout connaître de sa belle épice aux saveurs des îles, son “ lingot noir ”, comme il l’appelle affectueusement, devient une véritable quête outre-Pacifique. Il décide en effet d’en devenir l’un de ses plus fervents ambassadeurs, et prend pour cela un aller simple pour la France. 

“Le  7 octobre 2017, seul à l’aéroport, les 15 kilos de vanille pour seul bagage, j’enregistre en déclarant ma marchandise et je m’envole pour l’hexagone ! ”

Au printemps 2018, la Vanira Private Tour promotion trouve écho en Espagne, à Saint Sébastien, dans la superbe ville de Donostia précisément. Suivront Le Sud-Est et le Sud-Ouest de la France, avec ses régions et ses terroirs, entre Biarritz et Toulon.

En 2019, la vanille place Moana dans les petits papiers de parfumeurs à Grasse, vivier de parfums si convoités par l’industrie cosmétique. En vue ? De futures collaborations sur le marché allemand, autrichien, suédois… Le début d’une belle histoire qui donne tout son sens à sa venue sur l’hexagone.

« L’homme de Polynésie doit incarner ces valeurs léguées par nos aïeux, témoigner du respect aux anciens et mettre son savoir au service du plus faible. Il doit perpétuer cette hospitalité légendaire qui nous caractérise aux yeux de l’étranger grâce notamment à la chaleur de notre sourire, notre bienveillance et notre attachement à notre Terre.  Enfin, le Polynésien doit tenir bon coûte que coûte, et le fruit du succès n’en sera que meilleur. Je suis Moana cet enfant des îles perdu sans vous, mais si fort grâce à vos mots de réconfort sur ma page privée .” 
Moana chez une amie Sandra Maro

1 bois de construction 

2 mariage de la vanille pour sa fécondation

3  le café

4 bois d’origine locale

Plus d'informations

Page Facebook de Moana Teriitahi

Jeanne Phanariotis

Rédactrice Web

© Photos : Moana Teriitahi

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