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Art & Culture

Terahiti Vilchez : plus qu’une leçon de piano, une symphonie pour la vie

Publié le 13 juillet 2020

C’est à Papeete, dans la maison familiale, qu’Hommes de Polynésie est allé à la rencontre de Terahiti Félix Vilchez Jr, de passage en Polynésie pour les vacances. On y parle l’espagnol, le piano y a une place de maître et la chaleur de la maman polynésienne, du papa originaire du Pérou, et du fils à la voix grave et posée, inondent l’espace. Ambiance cosmopolite assurée : l’universalité de la musique fait se rencontrer des gens de pays et de cultures différents. Le décor est planté. L’artiste trace sa propre voie, entre rigueur et passion.

L’AMOUR DE SA FAMILLE, DE SA DOUBLE CULTURE ET DU PIANO, EN HÉRITAGE

C’est à Lima au Pérou, que Terahiti voit le jour il y a 26 ans. À l’âge de 4 ans et demi, il part s’installer en Polynésie avec sa famille, qui s’est agrandie avec la naissance de sa sœur Kiara.

Terahiti au clavier à 4 ans

« Je suis de deux cultures très fortes. Mes parents parlent espagnol entre eux, ma mère est prof d’espagnol. Au niveau de la musique, c’est plus sud-américaine que polynésienne. Notre entourage est local, mais à la maison, c’est autre chose : la culture latine est très présente. »

Terahiti et Merina, sa maman polynésienne

Terahiti entre au conservatoire à l’âge de 12 ans après avoir passé une audition pour passer directement en 5ème année de piano.

De gauche à droite : Frank Zottoli (pianiste italo-américain) - Alex Acuña (batteur de renommée mondiale de Weather report) - Abraham Laboriel (célèbre bassiste) et Félix Vilchez.

« Avec un père musicien actif, producteur musical et organisateur d’événements en Polynésie, je voulais être musicien. À 7 ans, je pianotais un peu et voulais vraiment étudier la musique, le jazz. Mon père m’a dit : ‘OK, mais d’abord, étudie le classique.’ »

Félix, Félix Jr et Kiara Vilchez lors d’un concert à Lima au Pérou

Contre toute attente, la musique classique le passionne.

« Ça va avec mon caractère studieux. »

Terahiti obtient le diplôme final du conservatoire une année après son bac, puis s’envole à Montréal à l’été 2012.

LA RIGUEUR DES ETUDES DE PIANO POUR ATTEINDRE L’EXCELLENCE

Au Canada, à la Faculté de musique de l’Université de Montréal (UDEM), Terahiti ne compte pas ses heures de travail. Il obtient une licence, puis un master en piano en 2017.

Le pianiste Félix Vilchez Jr et sa sœur, la chanteuse Kiara Vilchez, lors d’un concert au Pérou en 2017

Entre-temps, il donne des concerts au Pérou à l’Institut Culturel Nord-Américain. Après une année « off », il poursuit par un doctorat en musique et entame actuellement sa troisième année.

« J’avais l’ambition de travailler au sein de l’université, être responsable de section. Un doctorat est nécessaire. C’est une option que j’envisage toujours, je suis chargé de cours à l’UDEM. »

Le sujet de sa thèse porte sur l’influence de Frédéric Chopin sur le répertoire pianistique cubain du 19ème siècle.

« Cela me représente beaucoup, je suis entre les deux. Cuba, c’était le premier port où les colons européens arrivaient, avec leur bagage culturel. Il y a là-bas, plus que dans les autres pays sud-américains, une forte tradition de pédagogues, de sociétés philarmoniques, de revues musicales. »

UNE PASSION À PARTAGER

Si côté performance, le profil de musicien concertiste l’intéresse, Terahiti sait aussi que c’est un métier plutôt solitaire.

« J’aimerais être un acteur de la scène culturelle, événementielle, développer mon côté pédagogue aussi. Je suis plus dans une optique de diversification. »

En pleine réflexion sur « l’après doctorat », il ne cache pas qu’il aimerait rentrer travailler au Fenua.

Terahiti et son père Félix, dans le studio de musique de Félix, à Tahiti

« J’essaye de voir les possibilités pour plus tard. C’est ici que je me sens chez moi. Il y a des choses à faire et j’aimerais apporter ma pierre. Je ne sais pas encore de quelle façon, mais si je peux enrichir le Pays, je le ferai. Dans une démarche de projets qui mêleraient le social et la musique. »

En attendant, Félix Vilchez Jr nous donne rendez-vous le vendredi 17 juillet prochain pour un récital de piano « Souvenirs de la Havane », au Petit Théâtre de la Maison de la Culture. Habaneras, danses cubaines, tangos, mazurkas, reprendront vie sous les doigts du jeune et talentueux pianiste latino-tahitien.

On dit qu’« Aimer, c’est comme jouer du piano. Tu suis d’abord les règles, ensuite tu suis ton cœur ». Avec amour et sincérité, et un piano pour faire écho à ses sentiments, et si cet enfant du Fenua arrivait à faire de nous des mélomanes, vibrants aux couleurs, aux émotions, aux humeurs, aux caractères et aux parfums de la musique classique ?

Plus d'informations

« Souvenirs de la Havane », vendredi 17 juillet au Petit Théâtre de la Maison de la Culture.

Tehina de La Motte
Rédactrice web

© Photos : Terahiti Vilchez

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