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Art & Culture

Jean-Philippe Ricordel, un capteur d’émotions

Publié le 21 février 2020

Oser le changement, consentir à donner à sa vie une nouvelle direction… Jean-Philippe Ricordel s’est fait la promesse de jours meilleurs dans la sérénité absolue, pour une paix intérieure. Une espérance qui le pousse au-delà de ce qu’il pensait être ses limites, à la recherche d’un nouveau souffle. Celui qui se plaît à immortaliser les instants uniques dans un cliché se livre à Hommes de Polynésie et nous explique comment, du jour au lendemain, il est sorti de sa zone de confort pour quelque chose de bien plus important à ses yeux: la liberté.

De l’Olympus compact à l’audiovisuel

La photographie entre très tôt dans la vie de Jean-Philippe. Tout petit, il possédait déjà un Olympus compact.

“Mon père en avait ras le bol, car je passais des heures dans les zoos à photographier les animaux.”

En 1995, il obtient son BAC économique et social et poursuit en licence de Langues Étrangères Appliquées. Sa passion pour l’image le poursuit, jusqu’au jour où une amie, Maheata, animatrice télé, lui présente son directeur d’antenne, qui lui offre sa chance en tant que monteur, puis réalisateur.

“Je travaillais au Service de l’Emploi à ce moment-là depuis peu, et je n’ai pas hésité à le quitter, car l’administration, ce n’était pas pour moi.”

Mais la chaine connaît une restructuration, devient TNTV, et Jean-Philippe est contraint de changer d’horizon professionnel. Il travaille pendant 4 ans en tant que commercial au sein de deux groupes automobile, avant de se voir proposer le poste de directeur de marque.

De l’automobile à la photo

Son amour pour l’image ne le quitte pas pour autant, il se fait même de plus en plus présent.

“J’avais besoin de continuer à toucher à l’image, je faisais un peu de mode, de portraits, de voyages, de randonnée.”

Ses clichés, il les prend dans le but de les partager, peu convaincu de leur valeur. Au fil du temps, il finit par écouter un de ses meilleurs amis, qui lui conseille de les signer. La notoriété ne se fait pas attendre, car à partir de ce moment, il commence à être sollicité par des particuliers pour des shootings et mariages. Il décide alors de prendre une patente et de s’ouvrir à cette activité, tout en conservant son poste de directeur.

“La semaine j’étais directeur dans l’automobile, et le weekend photographe.”

Son tout premier shooting se déroule à l’occasion du mariage d’un de ses très bons amis. S’ensuit la rencontre avec le styliste Alberto Vivian, qui lui propose de couvrir la Tahiti Fashion Week aux côtés de Teiki Dev, photographe réputé, avec qui il se lie d’amitié. Plus tard, Jean-Philippe est approché par un magazine de mode local, et les shootings s’enchainent.

“Les magazines m’ont propulsé et m’ont permis de me faire un nom dans le milieu.”

Il développe son œil, les clients apprécient sa réactivité, sa capacité d’adaptation à tous les univers et les histoires que racontent ses photos.

La raison ou la passion

Et tout en suivant la voix de sa passion, il lui devient de plus en plus compliqué d’allier ses deux activités professionnelles. Jean-Philippe entame alors une introspection et fait un bilan sur sa carrière. Il doit faire un choix entre une situation professionnelle construite, confortable et sécurisante, et se lancer dans l’aventure artistique.

Soutenu par ses amis et sa compagne, il décide d’écouter ses tripes et de faire le grand saut en se consacrant entièrement à la photo.

“J’ai tout quitté, 14 ans de sécurité pour aller vers la liberté. Le jour où j’ai donné ma démission a été le plus beau jour de ma vie. Je gagne beaucoup moins qu’avant mais je suis tellement plus heureux et épanoui ! ”

Aujourd’hui, il est comblé en transmettant du bonheur aux gens, en immortalisant les émotions des moments importants de leur vie ou en faisant ressortir la beauté de chacun d’eux. Sa sensibilité naturelle associée à son talent font de son objectif ce puissant capteur de l’intangible. Et ça, ça n’a pas de prix…

Plus d'informations

Vainui Moreno
Rédactrice web

© Photos : Jean-Philippe Ricordel

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