
He’evai, la musique comme medium de création d’univers
Chez He’evai, chaque chanson est une porte ouverte sur un monde. Inspiré par le cinéma, les genres et les langues qui l’habitent, le jeune artiste transforme ses émotions en paysages sonores où chacun est invité à voyager.
DES RÊVES PLEIN LA TÊTE
He’evai possède en lui une puissance calme.
« Je suis un enfant du fenua. J’essaie de faire de la musique, mon métier. »
C’est à l’âge de 16 ans, lors du premier confinement en 2020, qu’il rencontre sa passion. Durant ces quelques mois, enfermé dans sa chambre d’adolescent, il expérimente, se découvre…

« Je pense que ça vient de ma maman qui, elle, est musicienne depuis pratiquement toujours. Je crois que, même avant d’être dans la musique, j’ai toujours eu besoin de créer des choses : écrire des scénarios, créer des visuels. C’est un esprit artistique que j’ai façonné au fil du temps. »
SUR LA SCÈNE DE THE VOICE
Sa force créative le pousse à s’inscrire à l’École de la Voix(1). Il s’envole pour l’Hexagone en 2024 et commence un cursus d’un an.
« À la fin de la formation, on a été nombreux à passer le casting pour The Voice au sein de l’école. Le directeur de The Voice, Bruno Berberes lui-même est venu nous auditionner. »


Le jeune homme s’inscrit, sans attentes réelles.
« Il y a pas mal de pré-étapes avant de pouvoir passer l’audition à l’aveugle. J’y suis allé un peu pour suivre le moove et ça s’était plutôt bien passé. Je pense que c’est ce qui m’a fait prendre conscience que ça pouvait devenir sérieux. Pas juste l’aventure The Voice, mais vraiment la musique. »
Sur la scène mythique du studio de l’émission, devant des millions de téléspectateurs, He’evai interprète What a Wonderful World de Louis Armstrong. Deux juges sur quatre sont conquis et se retournent, espérant le faire choisir leur équipe. Il rejoint celle d’Amel Bent.
« Ce qui m’a marqué, c’est le soutien des gens de Tahiti. »

Une compétition reste une compétition, et bien que notre vocaliste soit éliminé après l’épreuve des battles(2), il garde de cet épisode des souvenirs émus.
« C’est une expérience qui m’a donné beaucoup en maturité et en confiance, je la reçois comme une carte de légitimité. Avant, ça me gênait de dire : je veux être artiste. C’était intense. Tu es avec des gens qui se battent pour le même rêve, forcément ça rapproche. C’était vraiment une belle aventure humaine. »
UNE AMBITION HUMBLE
Grandi par ce voyage, He’evai décide qu’il est temps pour lui de chanter ses propres morceaux. Ainsi, il se lance dans l’enregistrement de son premier EP(3).
« J’ai la chance que personne ne m’attende. Je peux proposer ce dont j’ai envie. »
Pour réaliser cette nouvelle étape de sa carrière en tant que musicien, il s’entoure de personnes de confiance.
« Le producteur était mon prof de MAO(4) à l’École de la Voix. C’est un grand pianiste, un magicien… »
Un sac rempli d’imagination et de ses diverses influences sur le dos, He’evai se dédie à l’écriture et à la composition de sa première œuvre personnelle qu’il exposera au monde.


« Pour ce premier EP, je me suis dit que j’allais me rapprocher au max de ce que j’ai toujours aimé. J’adore les artistes qui façonnent des univers musicaux assez sombres, mais qu’au final, on puisse y ressentir une lumière réconfortante. Lorsque j’ai appris le ukulele, je chantais toutes les chansons de Lana Del Rey. »
En parallèle, il passe les auditions pour la BIMM Music Institude(5), qu’il espère intégrer dès le mois de septembre.
L’EXPRESSION INTIME DE SOI
« Le fait que je sois dans la musique, ça ne vient pas tant d’un besoin de chanter ou écrire, c’est vraiment le besoin de créer un univers dans lequel je me sens complet. »
Pour He’evai, l’art est un langage. Héritière d’une identité multiple et complexe, sa musique est un assemblage des genres et des époques qui l’ont façonné.

« Les morceaux du projet sont assez expérimentaux, c’est très cinématographique. »
Chanté en trois langues, son EP, qui sera disponible en août 2026, est également multiculturel.
« Le tahitien, c’est une fierté qui me différencie. L’anglais, c’est ce qui a forgé ma musicalité. Et le français, c’est ma surprise actuelle. Sur un coup de tête, le texte est venu comme ça et je me suis dit que c’était ok. »
À seulement 22 ans, He’evai fait de sa voix un rempart de douceur face à la mélancolie du monde. Rêveur audacieux et inventif, le voilà bientôt prêt à nous dévoiler tous ses papillons de romance.
« Je suis encore en phase de recherche personnelle, donc je ne sais encore totalement où je veux aller en termes de direction artistique. Mais je trouve que c’est un flux intéressant pour l’instant… »

- L’objectif du DALIDA INSTITUTE ou l’École de la Voix est d’accompagner chaque élève à se professionnaliser dans les métiers du chanteur.
- Deuxième étape publique de la compétition The Voice. Lors des « Battles », chaque entraîneur associe deux membres de son équipe pour performer ensemble, puis en choisit un pour poursuivre la compétition.
- Disque d’une durée plus longue que celle d’un single et plus courte que celle d’un album.
- Musique assistée par ordinateur.
- BIMM Music Institute est aujourd’hui considérée comme la plus grande et la plus prestigieuse école de musique contemporaine en Europe.

Rédactrice
©Photos : Cartouche Louise-Michèle & He’evai pour Hommes de Polynésie
Directeur des publications : Yvon Barde




