
Damien Troquenet : le parcours d’un sportif d’exception
Damien Troquenet vit pour le sport depuis son adolescence. Il a su concilier entraînements, compétitions et vie de famille pour devenir le champion de marathon que l’on connaît. Il se confie à Hommes de Polynésie pour retracer son parcours et ses défis.
Un sportif depuis l’adolescence
Très jeune, Damien Trocquenet grandit dans un environnement tourné vers le sport.
« Je suis né en 1983. Mon père faisait du triathlon, j’ai donc grandi dans cet univers. J’ai commencé par la natation, puis le kayak vers 13 ans, avec un groupe de copains. On avait un super coach. À 15 ans, j’étais champion de France cadet. C’est là que j’ai compris que je pouvais aller plus loin. »

Du kayak au va’a
Après plusieurs années en compétition, il se lance dans une nouvelle discipline : le va’a.
« J’ai fait du canoë-slalom pendant plusieurs années et j’ai été vice-champion d’Europe en 2009, ainsi que champion de France à plusieurs reprises. J’ai découvert la pirogue l’année suivante grâce à un collègue. C’est aussi à ce moment-là que j’ai rencontré ma compagne, issue d’une famille de rameurs. Nous avons partagé cette passion, ce qui nous a donné envie de venir en Polynésie. Pendant quelques années, je venais pour participer à la Hawaiki Nui et à d’autres courses. »
À la découverte de la Polynésie
En 2016, il décide de s’installer au fenua avec sa famille.
«Je suis arrivé en 2016 avec ma compagne et ma fille. Quelques mois plus tard, nous avons eu une petite fille ici. J’ai découvert le va’a en m’entraînant avec le club EDT, dont le coach était le cousin de ma femme. J’ai réussi à me qualifier pour le Super Aito, où j’ai terminé 54ᵉ en 2017. C’était une belle expérience, mais cela demandait beaucoup de temps et d’investissement au quotidien. »
Du va’a au Waterman : un nouveau défi
Avec la vie de famille, il adapte sa pratique sportive et, en 2018, se lance dans le Waterman Tahiti Tour1.
«Le va’a, c’est très prenant. Avec la naissance de ma fille, j’ai dû m’organiser autrement. Je me suis tourné vers le Waterman Tahiti Tour, qui combine plusieurs disciplines, et j’ai remporté les éditions 2018 et 2019. Cette formule me correspondait bien, mais j’avais toujours besoin de faire du sport régulièrement. »

Le déclic pendant le Covid
Avec l’interdiction des sorties en mer pendant le Covid, il se met à la course à pied.
« J’ai participé à la Vaitavere Run2 en 2020 et j’ai gagné. Après, j’ai enchaîné avec un triathlon et le semi-marathon de Polynésie. Au début, je suivais les meilleurs, mais petit à petit j’ai commencé à gagner. Ça m’a donné envie de continuer… »

Le marathon, une évidence
Il se tourne naturellement vers les longues distances et enchaîne les succès, jusqu’à sa victoire lors du marathon de Moorea le 28 mars 2026. Sa réussite repose notamment sur la régularité.
« Mon premier marathon ici, c’était Moorea en 2022 et je l’ai gagné. Je l’avais bien préparé, donc ça a été une belle réussite. Ma force, c’est la persévérance, parce que s’entraîner n’est pas une contrainte pour moi, mais il faut aussi faire attention à ne pas en faire trop. Avant une grosse course, je fais attention au sommeil et à la récupération. Sinon, je reste assez simple dans ma façon de faire. »
Trouver l’équilibre
Il concilie aujourd’hui sport, travail et famille.
« Je suis responsable immobilier pour la police nationale, donc j’ai un travail plutôt de bureau. J’ai besoin de bouger à côté. J’ai la chance d’avoir une compagne issue d’une famille sportive. Elle m’accompagne et ça ne la dérange pas que je disparaisse trois heures le samedi matin pour aller courir ou faire un tour de l’île de Moorea en vélo. On a trouvé un équilibre entre la famille, le travail et l’entraînement. »

Objectif Jeux du Pacifique 2027
Son dernier défi sera les Jeux du Pacifique au fenua en 2027, avant de courir pour le plaisir.
« C’est une vraie motivation de courir à domicile. Ensuite, je participerai plutôt à des courses plus fun, comme des trails. Et pourquoi pas continuer un ou deux marathons, mais sans chercher forcément des temps ou des chronos ? Ça peut aussi être un prétexte pour voyager. Par exemple, participer au marathon de Sydney serait une belle occasion de découvrir la ville tout en courant. »
Un message aux jeunes
Il conclut avec un conseil aux jeunes sportifs.
« Je crois qu’il faut être persévérant et surtout apprécier l’entraînement et le chemin. Si tu vises directement le résultat, ça va être très dur. Le marathon n’est pas un sport fun. Ce n’est pas comme le surf, où tu te mets sur une vague et l’élément te pousse. Après, tout le monde passe par là. Je pense, par exemple, à Kauli Vast, qui a dû morfler à l’entraînement pour devenir champion olympique. C’est exactement pareil pour les champions de va’a. »

¹ Événement multisports aquatique réunissant notamment le stand-up paddle, le prone paddleboard et la natation en eau libre.
² Course à pied populaire qui se déroule à Punaauia

Rédacteur
©Photos : Damien Troquenet pour Hommes de Polynésie
Directeur de publication : Yvon Bardes








