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Arii Hoan Hommes de Polynesie Credit : Pauline Stasi

Arii Hoan, du mitihue polynésien au charbon de coco

Publié le 12 mars 2026

Homme de Polynésie vous emmène à la rencontre d’Arii Hoan, un entrepreneur qui a de la suite dans les idées et du courage. De l’entreprise familiale de mitihue créée par ses grands-parents à la création d’une usine de charbon de coco 100 % locale, ce trentenaire passionné prouve que l’on peut respecter ses racines tout en innovant pour le fenua.

C’est là, dans des locaux flambants neufs, qu’Arii Hoan a déménagé l’entreprise de fabrication de mitihue1. Le trentenaire a repris les rênes de la société familiale en 2014.

Une société de plus de quatre décennies

« C’est mon grand-père paternel qui a créé l’entreprise en 1984 sur la côte Est à Mahina, c’était il y a plus de 40 ans maintenant. Puis, mon père a pris la suite et l’a développée, notamment en proposant une nouvelle saveur : le Tahiti Nui Mitihue, qui est cuit et à l’ail. L’autre saveur déjà existante, le mitihue Mahina, qui est salé, ayant été crée par mon grand-père. »

Arii Hoan Hommes de Polynesie

Après son bac, Arii Hoan s’oriente vers des études en électrotechnique au lycée du Taaone pour suivre un cursus en BTS.

« J’aime bien réaliser des choses de mes mains, c’est concret. »

Peu de temps après, il rejoint l’entreprise familiale à la demande de son père.

« J’étais jeune à l’époque et je n’étais pas trop enthousiaste à cette idée. »

Mais rapidement, le jeune homme se prend au jeu de l’entrepreneuriat et se rend compte, au fil des années, de l’intérêt de fabriquer du mitihue, ce produit traditionnel et incontournable du mā’a tahiti au goût si caractéristique, produit à partir de chair de noix de coco. 

Arii Hoan Hommes de Polynesie

« J’ai vraiment eu un déclic pendant la période du Covid. Je me souviens d’une anecdote où les gens avaient peur de manquer de nourriture. Le mitihuefaisait partie de ces aliments qu’ils attendaient au magasin pour l’acheter. Il s’écoulait très vite. Je me suis dit que l’entrepreneuriat était utile, car on répondait à un besoin et on rendait service aux gens. »

Rentabiliser les déchets

Comme son père plusieurs années avant lui, Arii a lui aussi sa propre idée pour faire évoluer l’entreprise familiale.

« À l’époque, on était situé à Mahina, mais le problème lorsqu’on fabrique du mitihue est que l’on doit utiliser beaucoup, beaucoup de coco et donc cela fait beaucoup de déchets de coques de coco. On était obligé de faire venir des camions-poubelles pour les ramasser et cela coûtait cher, forcément. »

Arii Hoan Hommes de Polynesie Credit : Pauline Stasi

Arii se pose alors la question de comment réutiliser ces coco jetées. Il cherche une solution et la trouve tout simplement en s’inspirant de ce qui peut se faire dans d’autres pays.

« J’ai vu qu’on pouvait les transformer en charbon de coco, alors j’ai décidé de me lancer dans la construction d’une usine de charbon de coco 100 % local. Personne n’en fabrique à Tahiti ! »

Beaucoup de patience et de travail

Fort de cette idée, le trentenaire va alors s’atteler à concrétiser son projet. Préparation d’un business plan, appel à un courtier pour l’aider à trouver les financements, l’entrepreneur ne laisse rien au hasard. Il lui faudra plusieurs années, presque huit ans au total, entre l’idée initiale et le projet finalisé.

Arii Hoan Hommes de Polynesie Credit : Pauline Stasi

« On ne peut pas savoir tout faire, il faut s’entourer de personnes compétentes et spécialisées dans leurs domaines pour y arriver. C’est ça aussi l’entrepreneuriat. »

Pour ce nouveau challenge, Arii trouve un grand terrain à la Presqu’île à Taravao puis commence à construire son usine, des locaux tout neufs pour la production du mitihue, ainsi qu’un grand hangar pour abriter l’usine à charbon.

« J’ai commandé les différentes machines en Chine, puis il a fallu les assembler et faire les premiers tests. »

Une fois les autorisations accordées, Arii Hoan va enfin pouvoir « récolter » son « or noir ». Huit années de travail pour donner une seconde vie à la noix de coco. Entre héritage et innovation, Arii Hoan trace son chemin, celui d’un entrepreneur du fenua, attaché à ses racines et résolu à innover.

¹ Condiment fabriqué à partir de la fermentation d’amande râpée de jeunes noix de coco vertes, et de têtes de chevrettes écrasées

Pauline Stasi

Rédactrice

©Photos : Pauline Stasi et Arii Hoan pour Hommes de Polynésie

Directeur de publication : Yvon Bardes

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