Yannick Hollier : « La musique, c’est du partage »
Artiste aux multiples casquettes, compositeur, auteur, chanteur, guitariste et agent, Yannick Hollier a accepté d’accorder quelques instants d’échanges avec Hommes de Polynésie. Rencontre avec un amoureux des sonorités qui n’a pas sa langue dans sa poche.
SE RECONNECTER À SES PASSIONS
Yannick est né il y a 45 ans en Polynésie française.
« Fier d’être Tahitien, ça c’est clair ! »
Durant toute une partie de sa jeunesse, il se dévoue à la musique.
« On a commencé sur les bancs du lycée. »
À l’âge de 16 ans, il acquiert sa première guitare. Mais la vie le rattrape et, très jeune, il se marie, devient père de famille. Pendant des années, il ne joue plus d’instruments, se consacre à son foyer et aux aléas de l’existence qui l’éloignent peu à peu de sa première passion. S’ensuivent les soucis personnels, le divorce et, finalement, la rédemption.

« J’ai reconstruit une vie plus stable. Puis j’ai recommencé à faire des reprises, des bringues entre copains. Je dois vraiment beaucoup à ma chérie Raphaëlle Vermeulen, elle m’a fait voir ce qu’il y a de beau dans le monde depuis plus de 15 ans maintenant. »
SE DÉVOILER DANS LA COMPOSITION
Aux côtés de Léon Piritua, celui qu’il nomme « son binôme de toujours », il fonde le groupe Hivarai. Enfin, Yannick se lance dans une nouvelle aventure : celle de composer ses propres morceaux.
« La composition, c’est se mettre à nu. Composer, c’est ne pas mourir dans l’indifférence. J’ai envie de laisser ma trace. Ceux qui aiment tant mieux, sinon tant pis. »

Persuadé que ses chansons trouveront leur place dans le monde de la musique, il avance, d’abord en proie aux appréhensions et enfin, en confiance.
« Dans la musique, il y a toujours un public, peu importe le style. »
Hivarai trouve son public.
LES MORCEAUX : DES ŒUVRES COLLECTIVES
« La musique, c’est surtout du partage. C’est découvrir aussi…»
Le groupe est soudé, jamais à court de nouvelles inspirations.
« Je suis le compositeur-auteur de mon groupe mais, chacun y met sa pierre. Que ce soit le bassiste, le guitariste, peu importe, ils sont sociétaires. On bosse ensemble ! »

La scène devient leur terrain de jeu, leur moyen de se connecter avec les mélomanes unis par la même sensibilité.
« Ce que je préfère sur scène, c’est partager notre son, notre travail. »
Bien au courant des avancées technologiques, Yannick a envie de se prêter au jeu.
« Je me rends bien compte qu’avec les réseaux sociaux on est bien obligés de faire aussi de l’audio et de la vidéo. J’ai envie de clipper nos morceaux. »
À côté, il ouvre sa propre société, où il propose aux musiciens, qu’ils soient néophytes ou confirmés, des éléments pour établir leur propre home studio1.
« J’aime ça car je suis en accord avec ce que je fais. »
METTRE EN LUMIÈRE LES JEUNES TALENTS
En 2023, il fait la connaissance de Papehau Séveno, chanteuse.
« Papehau, c’est devenu comme ma fille. »

Persuadé du potentiel de la jeune femme, il la prend sous son aile.
« Agent d’artiste, c’est un métier que je découvre. »
Ensemble, ils sortent le morceau « Au Manava », qui devient rapidement un succès, tant au niveau local qu’international.
« Au Manava, c’est une chanson qui était dans un tiroir caché. La rencontre avec Papehau l’a fait évoluer en quelque chose de concret. »
Cette expérience permet à Yannick Hollier de découvrir sa propre capacité de management.
« Je souhaite que les jeunes artistes suivent leur étoile. Il faut s’accrocher et croire en ses rêves. »
METTRE EN LUMIÈRE LES JEUNES TALENTS
Lassé d’entendre toujours les mêmes chansons sur les scènes de Tahiti, celui qui s’autoproclame « le vieux singe » souhaite que les jeunes artistes composent leurs propres morceaux.
« Arrêtez de faire des reprises, composez ! Il faut de l’authenticité. Montrer qu’il y a du talent ici en Polynésie, pas seulement de l’interprétation. »
Il nous confie d’ailleurs qu’il n’assiste plus tellement à des concerts, à cause de ce phénomène de masse.

« Je suis dans la découverte, sinon ça m’ennuie. »
Cependant, il a de l’espoir pour cette nouvelle génération, dont il parle avec énormément de tendresse et d’admiration.
« Les Polynésiens ont du talent, la Polynésie a du talent. Il ne faut pas avoir honte de le dévoiler. »
1 Studio aménagé pour l’enregistrement à domicile.
