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Patrick Chastel - Hommes de Polynésie

Patrick Chastel a trouvé son paradis aux Marquises

Publié le 11 décembre 2017

Attaché à la Polynésie depuis le début des années 1970, Patrick Chastel est l’auteur de plusieurs ouvrages parus dans les Maisons d’éditions locales. Navigateur, voyageur, professeur, c’est un amoureux né qui a eu un coup de foudre pour les Marquises. Il s’en est ouvert à Hommes de Polynésie.

« J’aime la culture polynésienne en général et celle des Marquises en particulier », affirme Patrick Chastel. Il a eu un véritable coup de foudre pour la Terre des hommes. 

« Le lieu, les paysages, les falaises, ce vert et ce noir qui se marient tout en harmonie. »

Il y a aussi les gens « qui ont une carapace dure mais un cœur énorme ». Ils sont fiers de leur culture et leurs traditions, ils parlent leur langue. « J’ai quitté la France et ma banlieue pour tout ça. Quand j’ai posé le pied aux Marquises, j’ai trouvé exactement ce que je cherchais. »

Le sourire du Tiki : 2001 / La légende de Hai Puka : 2001

La première fois c’était en 1974. Il arrivait de Tahiti avec une vieille goélette en bois qui faisait la navette. Il devait retrouver une amie de Tahiti et sa famille dans la vallée de Taipivai à Nuku Hiva. « Quand je suis arrivé, elle venait de partir. On s’était croisés, à l’époque il n’y avait ni internet ni téléphone. Je ne connaissais rien ni personne, j’ai été accueilli comme un proche, j’ai vécu comme tout le monde. » Au programme : pêche, chasse. 

« J’ai appris le marquisien et me suis déplacé à cheval, comme tout le monde. »

Par hasard, il apprend que l’école Sainte Anne de Atuona (Hiva Oa) cherche un enseignant pour la rentrée. Patrick Chastel qui vient d’effectuer une année de remplacement dans différents établissements de Tahiti postule. Sa candidature est acceptée.

Teva et son amie Hina : 2008 / Voyage au pays des oiseaux Kula : 2014

Il déménage sur l’île voisine. « Les voiliers commençaient à arriver », rapporte-t-il. Les navigateurs, plus ou moins célèbres, larguaient leurs amarres dans les baies marquisiennes. Jacques Brel comptait parmi les visiteurs. Au fil des rencontres, bercé par les récits de mer, Patrick Chastel a attrapé lui aussi le virus. Il s’est mis en tête de rentrer en France et de revenir aux Marquises à bord d’un bateau. Ce qu’il a fait, non sans embûches.

À partir de 1978, il est en France avec sa fille qu’il élève seul. Née en 1977, elle a quelques mois quand elle découvre la métropole. Lui cherche un bateau, du travail pour remplir la caisse de bord tout en découvrant la paternité. Il rédige alors son premier roman. En 1983, il estime être prêt pour la grande traversée. De La Rochelle où il a acheté un voilier de 9 mètres baptisé La Goulue, il met le cap sur les Marquises.

Pendant trois ans, il longe les côtes africaines, traverse l’Atlantique, découvre avec bonheur la vie brésilienne, remonte jusqu’aux Antilles, passe le canal de Panama pour gagner finalement Hiva Oa. Là, il se présente à l’école Sainte Anne pour trouver du travail. Il est reçu par une nouvelle directrice qui s’est exclamée, à sa demande : « Mais c’est le bon dieu qui vous envoie, on cherche justement un enseignant pour la prochaine rentrée dans 2 mois ! » Le père et sa fille ont posé leurs valises. Et le temps a filé, pendant quinze années.

Finalement, Patrick Chastel est revenu à Tahiti. Il a notamment souhaité se rapprocher des Maisons d’édition locales. Ses manuscrits ont été publiés Au vent des îles, aux Mers Australes et chez Haere Po. Nouvelles, retranscription de mythes et légendes, romans… Début novembre, il a signé treize nouvelles et six chroniques, fiction et réalité, qui parlent des archipels polynésiens. Elles sont parues aux éditions Balland, en France. Ses aventures, diffusées jusqu’alors au fenua ont franchi les frontières. La Polynésie rayonne maintenant de l’autre côté de la terre.

Teiki et Moetai : 2003 / Mythes et légendes des îles Marquises : 2012

Plus d'informations

Sur le site de Patrick Chastel

 

Delphine Barrais
Rédactrice web

© Photos : Patrick Chastel

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