Site de Femmes de Polynésie Hommes de Polynésie

Je passe
d'un site à l'autre

Évasion

Hiipeva Ateni, au nom de sa liberté.

Publié le 2 janvier 2020

A 40 ans, Hiipeva Ateni a décidé de vivre son rêve d’enfant : devenir guide touristique pour Polynésiens en vadrouille à l’étranger. Il y a moins d’un an, il démissionnait de 15 ans de fonctionnariat pour se lancer dans le privé en créant sa propre boîte : Magic Tours. Hommes de Polynésie. vous raconte l’histoire de son changement de vie.

L’appel de la liberté

À quelques mois de ses 40 ans, Hiipeva fait un constat morose sur sa vie.

“Circulation, boulot, dodo… c’est ça ma vie ?”

Depuis 15 ans, il est surveillant à l’internat du Taaone. Il en a vu des élèves courageux, et d’autres qui se laissent vivre. Il en a écouté des problèmes, apporté des solutions et prôné le bien vivre ensemble. Mais depuis quelque temps, Hiipeva n’a plus le goût à se rendre au travail. Il aspire à plus de temps aux cotés de ses propres enfants.

“Je ne veux pas attendre que mon fils de 11 ans aujourd’hui quitte la maison à 18, sans que nous n’ayons passé plus de temps ensemble.”

La droiture pour pilier

Ses parents l’élèvent lui, sa sœur et son frère : une maman fonctionnaire dans le corps médical et un papa soudeur aux phares et balises, qui lui inculquent les bases de la vie.

“Ils m’ont permis d’avoir un esprit critique, de penser librement et dans le respect d’autrui.”

Modestie, simplicité et solidarité ont accompagné chacune des étapes de son enfance, et celles plus tard de l’adulte. Mais ce qui le marquera à jamais, c’est ce voyage qu’il fera avec sa famille, le seul et unique.

“J’avais 11 ans, j’étais en 6e, et grâce à un voyage administratif nous avons découvert la France, et sur le retour les Etats-Unis.”

Il se revoit écoutant les récits d’autres enfants, s’étant rendus aux Etats-Unis pour les vacances. C’était désormais son tour. Et comme pour ancrer ce premier contact avec ce pays, symbole aux yeux de Hiipeva de la liberté par excellence, la famille prend pour guide un Tahitien expatrié : Max Richmond.

“Ce monsieur s’est occupé de nous comme de sa famille. Il s’appelait le “guide magique”.”

Le deal Magic Tours

Deux séjours linguistiques et plusieurs voyages au pays de l’oncle Sam plus tard, voici notre Hiipeva totalement imprégné de la “American way of life” (1) et de sa culture. Cela tombe bien, puisqu’en 2018, grâce à sa casquette de responsable du club de Taekondo « Tamarii Mahina », il emmène 44 personnes en voyage aux Etats-Unis et leur fera profiter de sa connaissance des lieux.

“Ma débrouillardise intrigue le gérant de l’hôtel où la délégation était logée. Il me propose un deal : devenir guide touristique en échange d’un pourcentage.”

A son retour il se rend au consulat américain où il se renseigne sur toutes les facettes du métier. Dès lors, lois, monuments, géographie, politique, économie… les Etats-Unis n’ont plus aucun secret pour lui. Il complète ses connaissances en y ajoutant une formation au business. 

Malgré les conseils dissuasifs de certains entrepreneurs, les doutes, les obstacles et les discours pessimistes, Hiipeva persévère. Il emploie la métaphore du GPS pour expliquer que l’on ne s’improvise pas patron : d’abord enregistrer les coordonnés pour savoir où l’on va, avec le bon itinéraire, puis c’est se former, s’informer et se projeter.

« Cette aventure n’est pas un qu’un projet personnel, c’est une équipe et mes enfants en font partie. »

Depuis le 4 juillet 2019, Hiipeva a pris son envol avec sa structure Magic Tours, et avance avec ce sentiment que le monde lui tend les bras.. Il a déjà fait découvrir à des dizaines de Polynésiens les États-Unis, mais également la Chine et la Nouvelle Zélande… Quelle que soit la destination choisie par ses clients, il se forme et s’informe pour être ce “guide magique” qui a nourri ses rêves depuis son enfance.

1 Le mode de vie américain

Plus d'informations

Page facebook : Magic Tours

Jeanne Phanariotis

Rédactrice web

©Photos : Lubomira Ratzova pour Femmes de Polynésie

Partagez Maintenant !