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Portrait

Rodrigue Chan

Entre ciel et béton, le parcours audacieux de Rodrigue Chan

Publié le 18 février 2026

De la cabine d’un avion aux plans d’une maison, Rodrigue Chan a toujours suivi ses passions avec détermination et bâtit sa vie et ses projets avec audace, créativité et vision, sans avoir peur de sortir de la voie tracée.

Après un Deug en langues étrangères appliquées, anglais et espagnol, Rodrigue Chan prend son envol pour Toulouse.

« Il n’y avait pas de continuité, donc il fallait s’exporter. Avec un petit groupe d’amis, on s’est dit : “Chiche, on essaye en France”. On a choisi la ville de Toulouse, j’y ai préparé ma licence et ensuite je me suis formé au certificat de sécurité et sauvetage, diplôme requis pour pouvoir travailler dans une compagnie aérienne.  »

Fort de ses facilités linguistiques, il a déjà une idée précise de ce qu’il veut faire.

«  La toute première fois que j’ai pris l’avion, c’était pour aller à Bora Bora. J’avais 11 ans. Cela m’a totalement captivé, je me suis senti bien dans cet environnement, et j’ai su que je voulais y travailler. L’idée a mûri au fil des années.  »

Rodrigue Chan

La passion de bâtir

À cet âge, Rodrigue a un autre hobby : le dessin et la construction.

«  Mon père était menuisier. J’avais un cahier à petits carreaux parce que c’était plus facile pour faire les repères, et je dessinais des maisons.  »

Avec les chutes de bois, il construit de véritables villes dans le talus du jardin :

« Avec des chemins, des routes… J’avais mes voitures. Je me créais mon petit univers. J’ai toujours eu cette passion pour l’architecture. »

Une carrière aérienne accomplie

Après sa formation, Air Tahiti Nui lui fait une proposition d’embauche.

« Citation, avec le point avant les guillemets.   Je suis rentré à Tahiti. C’était le 11 septembre 2001, et cela a totalement changé mes plans…  »

La proposition d’embauche ne tient plus, Rodrigue saisit alors l’opportunité de travailler pour les hôtels Sheraton, avant de recevoir, dix mois plus tard, une nouvelle offre d’embauche de Air Tahiti Nui, qu’il accepte.

« Aujourd’hui, j’ai 24 ans d’ancienneté, dont 18 en tant que chef de cabine principal. Je suis presque arrivé au bout de mes objectifs professionnels ! »

Rodrigue Chan

L’aviation, un métier beau et difficile

Malgré les décalages horaires et une vie de famille pas toujours facile, Rodrigue s’épanouit.

« Ce qui me plaît, c’est le relationnel. Il faut aimer servir, donner de l’enchantement et du bonheur aux gens. En retour, forcément, quand tu fais plaisir, on te le rend ! C’est ça qui fait que le métier est beau. »

Côté management, il aime tirer les membres de son équipe vers le haut :

« C’est ce qui leur permet de performer. Mais pour cela, il faut d’abord maîtriser les connaissances et les procédures, et savoir comment les appliquer sur le terrain. »

Une reconversion dans l’architecture

Tandis que notre homme monte en grade dans l’aviation, l’univers de la construction le rattrape. Nous sommes en 2019, avec son compagnon, ils décident de construire une maison tout en béton. Il conceptualise le projet de A à Z :

« On a cherché un entrepreneur qui puisse nous la construire. Un seul répondait à nos exigences. »

Impressionné par ses capacités, celui-ci lui demande pourquoi il ne devient pas dessinateur.

«  Cela a mûri dans ma tête… Je me suis renseigné sur le métier d’architecte. C’était trop long, trop tard. Je me suis alors lancé dans une formation en ligne de dessinateur-projeteur. »

Et puis le Covid arrive… Suit une période de mise en place des plans d’aide, de réduction des salaires… C’est là qu’il recroise l’entrepreneur :

« Il me dit : “Quand est-ce que tu te lances ?” et il me propose de faire un stage dans son bureau d’études pendant deux mois. »

Désormais, Rodrigue a du temps, et il accepte.

« À la fin de ma première journée, je me suis dit : “C’est ça que je veux faire !” »

Premier projet, premier contrat

« J’ai eu mon premier client grâce à mon entrepreneur. Première réunion, j’ai mis en application ce que je savais déjà faire dans mon métier de services, tout simplement. Pour toutes les questions techniques, j’étais assisté de la responsable du bureau d’études. »

Le rendez-vous est un succès, un contrat est signé et le lance dans les rouages de ce nouveau métier de dessinateur-projeteur en novembre 2020, avec la création de son entreprise Myplanarchi la même année.

« Maintenant, je travaille à la maison et, je ne fais plus de publicité. Au total, soixante à soixante-dix de mes projets ont abouti à des permis de construire.  »

Son style ? Une architecture très moderne.

« J’oriente, je n’impose pas. Les clients me partagent leurs besoins et leur vision. Je ne fais pas un copier-coller de ce qu’ils m’envoient. Je suis aussi un créateur.  »

Rodrigue Chan

Continuer à voir loin

L’avenir reste ouvert : continuer à concevoir, voir que ce qu’il crée à du sens, et l’appliquer à l’environnement du projet.

« Mon rêve, c’est de conceptualiser une maison toute en structure métallique, avec de grands ouvrants, des baies vitrées, et juste, un mur en béton. Avec beaucoup de transparence… »

Son conseil :

« Ce n’est pas parce qu’on est lancé dans un diplôme, qu’il faut se contenter de ça, qu’il ne faut pas pouvoir être évolutif et varier son panel de connaissances et de compétences. Cela demande d’être critique sur soi-même mais aussi d’être visionnaire. »

Cl Augereau

Rédactrice

©Photos : Cl Augereau et Rodrigue Chan pour Hommes de Polynésie

Directeur de publications : Yvon Bardes

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