
Teiki Tauapiiani, la passion comme gouvernail
Il y a des destinées qui ne s’écrivent qu’avec la volonté de choisir ce que l’on aime. C’est le cas de celle de Teiki Tauapiiani, capitaine lagonaire, dont la vie a changé du jour au lendemain lorsqu’il décide de se consacrer à la navigation. Face à la mer, dans la chaleur d’une matinée d’été austral, notre entrevue commence…
Là où le courant change : l’appel de la mer
Après sa scolarité à Tahiti, Teiki Tauapiiani entre dans la vie active. Comme il le dit lui-même, il a fait un peu de tout, de magasinier à maçon, sans jamais trouver sa place. Il décide alors de quitter l’île pour vivre sur l’atoll de Ahe, aux Tuamotu.
« J’y ai passé 3 à 4 ans. Je travaillais à la ferme : agriculteur, pêcheur… Après la naissance de mon fils en 2019, je suis revenu sur Tahiti. »

Originaire des Marquises par son père et des Australes par sa mère, le jeune homme se sent chez lui partout en Polynésie. En 2023, alors qu’il travaille dans le bâtiment, il rend visite à sa famille, à Rurutu.
« J’étais en vacances, je suis revenu voir mes parents. C’est là que j’ai eu le déclic. »
La saison des baleines bat son plein. Il les voit, et sait que c’est à leur côté qu’il veut désormais œuvrer.
Apprendre à tenir la barre
De retour à Tahiti, il opère un changement radical.
« J’ai démissionné du bâtiment. J’ai passé le permis de pilotage lagonaire pour proposer des sorties baleines. En fin d’année 2023, j’ai eu mon certificat de pilote lagonaire. Dans la foulée, j’ai suivi au CFPA une formation de guide touristique. Ça collait bien avec ce que je voulais faire. »
Teiki se donne les moyens de poursuivre son rêve.

« J’ai eu le titre professionnel de guide accompagnateur touristique et j’ai commencé à travailler en juin 2025 comme salarié chez Eleuthera. »
Malgré son attachement à l’île de Rurutu, il choisit de rester à Tahiti.
« Je me suis dit que j’allais rester ici, me former, accueillir l’expérience. Plus tard, pourquoi ne pas monter mon entreprise de baleines et de plongée à Rurutu ou ailleurs. »
Entrer dans le sillage
Une fois son diplôme obtenu, Teiki entame sa première saison des baleines en tant que capitaine.
« J’avais déjà vu des baleines, mais cette année, j’ai été vraiment en contact, proche d’elles. »
Au-delà des cétacés, ce sont aussi les rencontres humaines qui le marquent.

« Ce que je préfère, c’est le contact avec les gens, partager ma passion, ma culture… Travailler sur l’eau, c’est important, ça me fait du bien. »
Cette expérience de six mois le conforte dans son choix de reconversion. Teiki Tauapiiani envisage désormais de passer le diplôme de moniteur de plongée.
« C’est un bon projet, mais j’ai d’abord l’obligation d’acquérir de l’expérience, connaître le domaine de la sécurité, c’est important. »
Naviguer avec constance
À Eleuthera, notre capitaine s’est tout de suite senti à sa place : c’est un peu comme une grande famille.
« Ils m’ont fait confiance. Ça me réchauffe le cœur, ça me rassure aussi, et ça me motive d’être là où je suis apprécié. Je suis bien entouré et très reconnaissant. »


Ses collègues, ainsi que ses supérieurs, soulignent sa facilité d’intégration, sa disponibilité et son envie constante d’apprendre.
« Ça m’a beaucoup touché. »
Sur l’eau aussi, il peut compter sur la bienveillance des autres capitaines.
« Pour ma première saison de baleines, avec les nouvelles réglementations, c’est trois bateaux par zone, moi, je trouvais ça pas mal. J’ai créé des liens avec les autres prestataires, il y a eu beaucoup d’échanges. »
À 36 ans, Teiki Tauapiiani nous apprend avec humilité qu’il ne faut pas avoir peur d’aller à la rencontre de ses espoirs.
« Si tu veux quelque chose, il faut beaucoup de volonté, il ne faut pas baisser les bras. »

Rédactrice
©Photos : Cartouche Louise-Michèle pour Hommes de Polynésie
Directeur des publications : Yvon Bardes




