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  • Pau : des années d’expérience mais la passion du Heiva comme au premier jour

Art & Culture

André Maramatoa Crédit : Gaëlle Poyade

André Maramatoa, la relève du ‘ōrero

Publié le 2 avril 2025

Enfant de Raiatea et, plus spécifiquement, de Ōpoa où il n’a jamais cessé d’habiter, André Maramatoa a, pour ainsi dire, grandi au marae Taputapuātea. Élevé dans la tradition par ses grands-parents, le jeune homme de 33 ans tisse un lien viscéral avec sa culture qui s’exprime au plus fort via l’art du ‘ōrero. Hommes de Polynésie est parti à sa rencontre. 

C’est à l’âge de 17 ans qu’André Maramatoa est désigné par la chef de sa troupe de danse pour l’oraison de son groupe Tamarii Ōpoa au cours du Heiva de Taputapuātea. L’adolescent excelle et remporte le 1er prix de ‘ōrero. Sa vocation culturelle devient alors lumineuse. Ses connaissances, il les doit à son grand-père Epheraima Punaa, qu’il suivait enfant, notamment lors de cérémonies au marae où l’aïeul officiait.

« La culture, c’est d’abord connaître sa terre, les noms de chaque vallée, montagne, rivière, son propre district et le marae qui y est associé. Mon grand-père disait : “Connais-toi toi-même avant de vouloir découvrir autre chose”. »

Rencontre des cousins māori

À l’occasion d’un voyage scolaire organisé par le lycée professionnel d’Uturoa où il est élève, André se produit en Nouvelle Zélande en 2008.

« Au cours des deux semaines de stage en maintenance nautique que j’ai fait à Nelson, au nord de l’île du sud, j’ai pratiqué mon 2e‘ōrero dans une école māori. Comme à chaque fois, je présente en tahitien d’où je viens, l’île de Raiatea, sa montagne culminante, et j’évoque ce qui nous lie, nous les peuples du Triangle polynésien, à savoir le marae Taputaputātea. »

André Maramatoa Crédit : Gaëlle Poyade

Par la suite, André retourne deux autres fois en Nouvelle Zélande, grâce à l’association ’A Nui Taputapuātea, dans le but d’échanges culturels.

« Comme j’ai créé des liens avec des jeunes de mon âge, j’ai demandé si je pouvais apprendre le māori. Je ne me sentais pas digne de parler cette langue qui ne m’appartient pas. Le principal de l’école māori m’a répondu « Oui ! » car je suis un « ta’ata fenua », un homme d’ici. J’étais fier de faire ma demande en māori et surtout de la réponse positive. »

« Le retour aux sources, c’est gratuit »

Sur Raiatea, André Maramatoa officie sur le marae Taputapuātea lors d’accueil de délégations polynésiennes étrangères, ou pendant divers événements culturels tels que Matari’i i ni’a. Pour ces présentations, André est bénévole.

« La culture, ce n’est pas payant. Ce n’est pas la même chose de présenter sa propre culture dans un esprit communautaire de partage, de permettre à des Polynésiens un retour aux sources et de réaliser des prestations touristiques, par exemple des shows dans les hôtels. Après, libre à chacun de donner ce qu’il veut. »

André Maramatoa Crédit : Gaëlle Poyade

De fait, André ne gagne pas sa vie dans le secteur culturel ni dans celui de la mécanique nautique, faute d’avoir obtenu son bac, quoiqu’il rende régulièrement service à ses proches pour réparer les moteurs de bateau. Voué à l’immersion polynésienne, le jeune homme poursuit son apprentissage par ses propres moyens. Depuis quatre ans, il s’entraine au tō’ere ainsi qu’au ‘ukulele.

« Je mets de la musique locale et j’essaie de suivre. Cela me plaît beaucoup, même si c’est très dur ! Aujourd’hui, à l’école, la jeunesse est immergée dans les traditions du pays alors qu’à mon époque, on ne nous inculquait que les bases Français-Maths. Notre culture polynésienne n’était même pas enseignée en cours d’Histoire. »

Cohabitation spirituelle

Si André vit intensément sa spiritualité polynésienne, il se réclame aussi du protestantisme sans que ces deux pratiques ne lui posent problème. Globalement, il trouve que les gens sont moins pieux que jadis.

André Maramatoa Crédit : Gaëlle Poyade

« Avant, mon peuple était plus croyant que maintenant. Regardez ces blocs de pierre sur les marae, de très lourdes plateformes extraites de la mer. Comment ont-elles été transportées ? Mon grand-père disait par magie. Cette magie, c’est le lien extrêmement fort qui unissait les dieux, la nature et les hommes ».

Gaëlle Poyade

Rédactrice

©Photos : Gaëlle Poyade pour Hommes de Polynésie

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