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Teiki Kimball Hommes de Polynésie Crédit : Alika photographie

Teiki Kimball, Polynésien sans frontières

Publié le 28 novembre 2025

Nous nous installons face à la mer. Lhorizon s’étend à perte de vue et nous offre cette aura de liberté, où tous les rêves sont possibles, toutes les destinations sont à découvrir. Teiki Kimball, qui fait de sa vie un voyage, raconte son histoire à Hommes de Polynésie.

UN CŒUR PARTAGÉ ENTRE TAHITI ET LES USA

Teiki Kimball est une âme en quête de découverte permanente. Tahitien par sa mère, Américain par son père, son identité ne rentre pas dans une case.

« Je n’arrive pas à rester tranquille. J’aime apprendre non-stop, j’aime aider et j’aime voyager. »

Adolescent, il ne se reconnaît pas dans le système scolaire. Ses parents sont divorcés, son père est retourné vivre à Hawaii. À l’âge de 15 ans, il s’envole pour cette île à la fois similaire et si différente de la sienne, pour entrer à l’internat et poursuivre son lycée.

« J’ai appris à aimer le travail, les études et à me surpasser. C’était dur au début, je ne connaissais personne et mon anglais était très basique. Mais en quelques mois, j’ai vraiment pris goût à la culture américaine, à cette ambition daller plus loin et plus haut. »

’ATA ROA, LE PREMIER JEU DU PARLER LOCAL

Ses études terminées, il s’installe à San Francisco, puis Londres, Paris… À l’époque, Teiki travaille pour une grosse entreprise, dans laquelle il s’épanouit. Mais sa destinée se trouve ailleurs…

« J’adorais le job mais je voulais vivre autre chose. Un jour, j’ai décidé de créer un produit, juste pour tester. J’ai toujours été un peu fasciné par l’entrepreunariat, et en même temps j’avais peur de ce lifestyle. J’ai choisi de prendre le risque et tenté une nouvelle aventure. »

Ce produit, c’est un jeu de société, largement inspiré de Cards Against Humanity1, tout en étant adapté à la Polynésie. Teiki le nomme ‘ATA ROA (rire fort).

« Cards Against Humanity, c’est un jeu qui m’a surpris, parce qu’il sort vraiment de l’ordinaire. Je le trouve assez intelligent de par sa simplicité. Je n’ai pas la patience pour les jeux de société complexes. Pour une fois, c’était un jeu qui ne m’intimidait pas. »

Le principe est simple : un joueur lit une carte “question” (une phrase à trous, exemple :  « Eh le bop ! Tā’ie _______? »), et les autres choisissent parmi leurs cartes “réponses” celle qui la complète de la façon la plus drôle (exemple : « L’ocôté »).

Un jeu sans mauvaise réponse, sans perdant ni gagnant, juste fait pour rire ensemble.

SE RÉAPPROPRIER SON IDENTITÉ

Lorsque Teiki crée ’ATA ROA, cela fait déjà une quinzaine d’années qu’il ne vit plus à Tahiti. Il commence par se remémorer les expressions de son enfance, avant d’accomplir un travail de terrain.

« Ce qui était vraiment top, c’est que ça m’a un peu forcé à renouer contact avec des amis et de la famille. Tout d’un coup, j’étais vraiment motivé de découvrir un peu l’évolution de notre parler local. »

Sur 500 cartes d’expressions locales, certaines sont tirées de sa grand-mère, de sa mère, de ses amis, de créateurs de contenu locaux (ex. James L’Acteur)…

« C’était super important pour moi que le jeu soit intergénérationnel et interculturel. »

Un pari réussi malgré quelques appréhensions.

« J’avais vraiment peur du regard des Tahitiens. Parce que, avec ces cheveux roux et cette peau blanche, je me suis toujours senti un peu à part, différent, ici. Ce n’est pas comme si les gens autour de moi étaient méchants, je me rejetais moi-même. J’avais très peu confiance en moi. Et maintenant, ce feeling d’être accepté est assez indescriptible. C’est tellement agréable et enrichissant. J’ai l’impression d’avoir fait le deuil de cette personne qui se sentait vraiment à part. »

Finalement, ’ATA ROA est un succès, tant au niveau personnel que celui du public.

« L’accueil que le jeu a reçu, le fait de renouer contact avec plein d’amis, ça m’a donné envie de passer plus de temps ici. Ça m’a appris que je suis quand même très attaché au pays. »

Teiki Kimball Hommes de Polynésie Crédit : Cartouche Louise-Michèle
Teiki Kimball Hommes de Polynésie Crédit : Cartouche Louise-Michèle

Après ‘ATA ROA, Teiki travaille aujourd’hui sur son deuxième jeu de société 100 % local, Le Nohu, prévu pour début 2026.

INFLUENCEUR : UNE VIE DE PARTAGE

C’est lorsqu’il doit promouvoir la sortie de son jeu que Teiki Kimball s’essaye devant la caméra.

« Je n’avais jamais prévu — ni même voulu faire de vidéos de ma vie. »

Rapidement, ses vidéos trouvent leur audience.

« Je ne me disais pas : “un jour je vais être un influenceur, je vais avoir des abonnés, je vais gagner ma vie comme ça”. Ça n’a jamais été un rêve. C’est ce qui rend cette aventure d’autant plus fun ! »

Comique mais aussi instructif, son contenu se diversifie et soriente progressivement vers des conseils de voyages.

« Beaucoup de Tahitiens veulent voyager, mais ils sont souvent perdus dans l’organisation et ils ont peur. Moi aussi, j’avais peur du monde extérieur avant. Aujourd’hui, je partage ce que j’ai appris pour les aider à voyager sans stress, aux États-Unis en particulier. »

Aujourd’hui installé à Philadelphie, Teiki pousse les jeunes Polynésiens à rencontrer ce qui se cache derrière l’horizon.

« Il faut oser partir, si on en a les moyens. Ça ouvre l’esprit, ça permet de s’inspirer de ce qui se fait ailleurs, et de revenir avec toujours plus de savoir-faire pour améliorer notre pays. »

Cartouche Louise-Michèle Photographe Tahiti

Cartouche Louise-Michèle

Rédactrice

©Photos : Alika photographie, Teiki Kimball et Cartouche Louise-Michèle pour Hommes de Polynésie

Directeur de publication : Yvon Bardes

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