Lewis Teauahiovaiinui TATA, gardien d’une culture !
Qui dit habiter aux Marquises dit le plus souvent vivre de plusieurs activités. Gestion des compétences, du temps, des ressources – cela force le respect. C’est le cas de Lewis, qui mène de front sculpture, tressage de bambou, tatouage et fa’a’apu. D’un abord plutôt discret et taiseux, Lewis s’ouvre peu à peu à Hommes de Polynésie et se trouve être particulièrement déterminé concernant ses projets d’avenir. Immersion au cœur du Henua ènana.
Destination Marquises
« J’ai commencé à sculpter à l’âge de 15 ans. (…) grâce au savoir-faire que j’ai acquis avec ma famille et mon envie de dépassement (…) Pour ceux qui souhaitent me rencontrer, je vous invite à venir chez moi pour découvrir mon environnement de travail et mes pièces particulières. » – peut-on lire sur la plateforme Destination Marquises[1].
Elevé dans la vallée mythique de Taipivai, Lewis Teauahiovaiinui fait partie de ce vivier foisonnant d’artisans marquisiens. Ses créations sont si originales que certains sculpteurs viennent même lui demander conseil. Issu d’un grand-père lui-même sculpteur, dont les œuvres ont fait l’objet d’acquisitions par un collectionneur, Lewis a de qui tenir.
Un jeune entrepreneur avec le vent en poupe
Il y a deux ans, Lewis obtient l’ICRA[2] et ouvre sa patente pour pouvoir exercer diverses activités, telles que la création de bijoux ou, plus rare, le tressage de bambou. Ce dernier, habituellement attribué aux Australes, est un art majeur de la culture polynésienne et rend hommage à des siècles d’une pratique ancestrale riche et complexe. Entre les mains expertes de Lewis, un des rares artisans à détenir le savoir-faire des motifs et couleurs, le tressage trouve écho auprès de ses proches, qui l’encouragent à poursuivre dans cette voie.
Bambou et fa’a’apu : valorisation des produits locaux
Ses stocks de bambou, il les constitue dans la montagne, dans un lieu qu’il garde secret. La coupe, le chargement, le transport, le séchage, et le tressage, il gère tout tout seul. Aujourd’hui, il a des commandes jusqu’à Hiva Oa.
Encore faut-il s’organiser pour gérer de front toutes ces activités, sans pour autant délaisser sa vie de famille. Cela lui demande d’être méthodique, mais surtout patient. Souvent, une journée ne lui suffit pas pour satisfaire le vivier d’idées et de projets qu’il a en tête.
Et le week-end, il faut aussi s’occuper du fa’a’apu de Taipivai, où il a notamment des citrons d’une variété excellente.
Projets d’avenir ?
Ses projets ? Les préparatifs du prochain Salon des Marquises à Mamao. L’enjeu est de constituer suffisamment de stock pour présenter un panel représentatif de son travail.
Sur ses autres projets, Lewis préfère rester discret. Superstition ? Mauvaises expériences passées ? Il nous fait part toutefois d’un projet de bungalows, de quoi ajouter une nouvelle corde à son arc !
Vaea D.
Rédactrice web
Crédits photo : Destination Marquises