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Man’s, un avenir tracé par ses rêves

Publié le 31 janvier 2020

Quand on hérite de cordes vocales qui font vibrer le public à 3 kilomètres à la ronde, on se dépêche de prendre sa guitare et de monter sur scène. Avec Manea Otcenasek, la musique se teint naturellement de saveurs harmoniques polynésiennes et d’une ambiance pop américaine. Hommes de Polynésie vous présente celui qui, dans un environnement de rencontres et de paillettes, donnera naissance à Man’s.

Né pour être sur scène

Les cheveux longs ténébreux, un regard perçant sous un maquillage prononcé, le tout comblé par un look chic et épuré, on ne peut que le remarquer. Sa présence scénique, naturelle et souriante, brise la limite entre l’artiste et son public. Il donne pour lui, pour les autres. Lors de sa prestation sur la scène du “Paradise” à l’occasion de la nouvelle année 2020, en compagnie des Minix, Man’s se révèle enfin.

“Ce fut l’opportunité pour moi de présenter Man’s. Je vivais un rêve.”

Car c’est en 2014 qu’il se découvre une passion pour le monde des Drag Queen. Le jeune artiste parcourt sur tous les réseaux, les vidéos de performeurs Drag, tels que RuPaul (de la télé-réalité RuPaul’s Drag Race) qui est LA référence dans ce milieu.

“J’étais fasciné par leurs habits et leur maquillage. Je suivais l’émission et puis un jour, j’ai décidé de faire pareil. J’ai adopté cette image de Drag Queen en me maquillant et j’ai plaisir à pouvoir l’exprimer sur scène.”

Des rêves par milliers

Flashback. Il est à la base un pur produit tahitien. C’est à Papara qu’il vit son enfance. Malgré un accent local très prononcé, Man’s il maitrise autant la langue de Shakespeare que celle de Molière. Il étudie la littérature anglaise à l’université de la Polynésie française, visant une carrière dans le professorat. Après une brève expérience dans l’enseignement mobile, il se rend compte que ça ne lui convient pas. En juin 2018, il remporte Le Grand casting et voit sa vie basculer grâce aux rencontres avec plusieurs artistes étrangers lors de son voyage en France.

“Mes rêves se sont décuplés là-bas ! A mon retour sur Tahiti j’ai pris contact avec des danseurs, je me suis mis à la danse et j’ai montré un nouveau visage au public. Aujourd’hui je suis très loin de l’acoustique session. Je mêle le chant à la danse. Les gens ont beaucoup de mal avec mon côté Drag Queen. J’ai souvent été jugé pour ça, mais il faut s’assumer. Je suis Man’s.”

Nombreux sont les artistes partagés entre maux de l’esprit et incompréhension de soi. Mais tel un guerrier sur le champ de bataille, Man’s se relève, et c’est dans ce terreau qu’il puisera son inspiration pour le lancement d’ici le mois de mars de son premier single “Et si un jour” produit par Didier Sindres, créateur de Di Angeli Production.

“Je chante en français et en tahitien. J’ai renoué depuis peu avec ma culture grâce au Hura Tapairu, auquel j’ai eu la chance de participer. Tahiti a repris sa place dans mon cœur. Ma chanson parle du rêve et des personnes qui aimeraient se retrouver. Si elle plaît, j’aspire à m’ouvrir aux scènes internationales.”

Man’s

Et c’est des paillettes plein les yeux et de l’émotion plein la voix que notre chanteur parle enfin de Man’s, la meilleure version de lui-même, comme il le dit.

“Man’s c’est le diminutif de Manea, et ça sous-entend une part de masculinité. Du coup c’est intrigant quelque part pour les gens, car avec mes performances artistiques et toutes les valeurs que ça implique, comme le maquillage et les habits, c’est un peu contradictoire.”

Nous terminons notre rencontre avec la conviction que peu importe le nombre de projets ou d’idées farfelues qu’on peut avoir en tête, rien n’est impossible, si on ignore que ça l’est. De l’amour pour ce que l’on fait et un bon karma sont la recette de la réussite.

Vainui Moreno
Rédactrice web

© Photos : Vainui Moreno et Cyril Pallière pour Hommes de Polynésie

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