Site de Femmes de Polynésie Hommes de Polynésie

Je passe
d'un site à l'autre

Société

Anthony Tcheung, la vie n’est pas un long fleuve tranquille

Anthony Cheung, la vie n’est pas un long fleuve tranquille

Publié le 26 octobre 2018

Dans la série « je me suis fait tout seul », voici l’histoire d’Anthony Cheung. A 33 ans il affiche 15 ans de carrière dans la fonction publique. Sa spécialité ? L’évènementiel. A son actif : gestion des événements institutionnels de la Présidence et du Gouvernement, le salon du Tourisme à la présidence, le record du monde du UKULELE, les festivités du 29 juin pour ne citer que ceux-là. Hommes de Polynésie vous dit tout de ce chanteur devenu régisseur.

Enfant du Mata'eina'a

Fils unique, Anthony grandit entre Hitia’a et Pueu, reçoit une éducation à la mata’eina’a1 et est élevé dans les valeurs du respect. Jeune déjà il savait ce qu’il voulait et que pour l’avoir il fallait travailler.

« Ma vie s’est toujours résumée à : il faut de l’argent pour avoir ce que je veux ! Donc je me suis toujours débrouillé pour avoir de l’argent sans compter sur mes parents. »

Et ce filon, il le trouve dans la musique, elle devient sa clé de sortie. Anthony chante, joue et s’initie auprès de son idole, Tumatahi Barff, plus connu sous son nom d’artiste Matahi des 2B Brothers.

« Je l’ai connu je n’avais que 12 ans. On a remporté beaucoup de concours durant nos années scolaires. Et puis avec l’autorisation de mes parents, j’ai commencé à jouer au Royal Tahitien alors que j’étais en seconde. Le deal c’était : les études d’abord la musique ensuite. Tout s’est enchaîné, après le Royal Tahitien c’était le Royal Kikiriri. La première chose que je me suis offert c’est un téléphone tactile à 128 000 francs, j’avais 16 ans ! »

De la musique à la fonction publique

Il continuera dans l’animation musicale pendant quelques années et se retire juste avant le déclin du secteur. S’il obtient son BAC, il arrête ses études en BTS. Un concours d’entrée à l’Assemblée de la Polynésie Française se présente, il se dit pourquoi pas. Il le réussit et commence à faire de l’informatique. C’était en 2003, il restera dans le service jusqu’en 2006. Cette année-là une nouvelle opportunité s’offre à lui au service des moyens généraux de la Présidence. Il décroche son ticket d’entrée et obtient le statut de la fonction publique. 

« Quand tu décides d’entrer dans la fonction publique il faut bien comprendre qu’il faut que tu fasses tes preuves. Tu ne gravis pas les échelons en deux temps trois mouvements. Tu es jugé sur tes capacités, sur ce que tu sais faire, il faut montrer ce que tu savais faire. J’y suis allé progressivement. »

Il gère le patrimoine du gouvernement, évolue vers les ressources humaines, et se découvre une passion pour l’organisation d’événements. Conforté par les notations positives de chef de service, du chef de cabinet et de ministre, il en vient à manager des événements majeurs comme deux salons du tourisme à la présidence, du jamais vu, les trente ans de l’Autonomie, le record du monde de joueurs de Ukulele et l’accueil le 22 février 2016 du Chef de l’Etat François Hollande.

« J’ai pris la mesure de la sécurité et des moyens déployés sur de tels événements. Cela m’a obligé à reconsidérer les choses et à poser les bases de ce que je voulais désormais faire. Grâce aux contacts que j’ai pu me faire ici comme en Chine, à Paris ou encore au Canada, je me suis dit pourquoi ne pas me lancé dans de l’équipement innovant. »

De la fonction publique à l'événementiel

Il est prévu par les textes une délibération autorisant un fonctionnaire de disposer du droit à être patenté, la condition est d’exercer dans les arts, le spectacle ou la musique, Anthony y voit un coup de pouce du destin. En 2016 il décide de prendre une disponibilité pour estimer ses marges de réussite.

« Je ne me considère pas comme un chef d’entreprise, je suis à la fois un ouvrier, un employeur capable d’enfiler mon bleu de travail quand il faut le porter. J’ai pu voir dans le cadre de mes déplacements vers l’extérieur que nous avons la chance d’être dans un pays où l’innovation a toute sa place encore faut-il s’en donner les moyens. »

Anthony est pragmatique, déterminé, lucide et convaincu qu’il peut contribuer à améliorer notre mode de vie en recourant à des technologies limitant l’usage d’énergie fossile. Fraîchement rentré du Canada où il a fait le plein de bonnes idées, il conclut notre rencontre sur cette phrase à l’adresse de ses enfants.

« Il faut que mes enfants connaissent la valeur de la vie, nous ne sommes pas éternels ! Si demain je venais à disparaître la Terre elle continuera de tourner. Ma disparition ne doit pas les empêcher d’avancer, au contraire je veux que mes enfants comprennent, qu’il faut qu’ils travaillent, qu’ils soient autonomes et depuis je fais tout pour qu’ils le soient le plus vite possible ! »

1 Mata’eina’a : district

Jeanne Phanariotis
Rédactrice web

© Photos : Anthony Cheung

Partagez Maintenant !